Makan Koné : « La liberté de la presse est menacée au Mali ! »

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L’opération sans presse au Mali a été officiellement suspendue jeudi soir. Elle avait débuté mardi suite à l’arrestation du directeur de publication Boukary Daou du journal indépendant Le Républicain. Il a été interpellé après avoir publié une lettre de militants mécontents contre les avantages du capitaine Sanogo. Pour soutenir leur confrère, les professionnels de la presse malienne ont décidé de se mettre en grève, exigeant sa libération. Makan Koné, président de la maison de la presse du Mali, fait le point.

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Afrik.com : Vous avez officiellement suspendu la journée sans presse au Mali jeudi soir. Est-ce que cela signifie que vous avez obtenus satisfaction alors que vous exigiez la libération du directeur de publication du Républicain Boukary Daou ?

Makan Koné :
Nous avons suspendu la journée de la presse jeudi vers 19h. Il y a déjà des radios qui ont recommencé à émettre. Ce matin, les journaux n’ont pas paru car nous avons pris la décision très tard de suspendre le mouvement après que Boukary Daou ait finalement été remis à la police. Il a été transféré à la Brigade d’investigation judiciaire (BIJ). Désormais, ses avocats peuvent le défendre et sa famille peut le voir ce qui n’était pas le cas auparavant. Nous nous battions pour que les autorités justifient son arrestation légalement, qu’ils respectent la forme légale de son interpellation.

Afrik.com : Même s’il est aux mains de la police, il n’est pour autant pas libéré. Concrètement quels sont vos revendications ?

Makan Koné :
Si nous réclamons toujours sa libération ! Nous voulons qu’il soit libéré si on ne lui reproche rien de particulier. Nous n’excluons pas de reconduire la journée sans presse si nous n’obtenons pas satisfaction.

Afrik.com : Cette lettre de militants mécontents des avantages du capitaine Sanogo a déclenché cette nouvelle crise à Bamako. Que pensez-vous des Maliens qui estiment que sa place est en prison ?

Makan Koné :
Nous avons toujours dénoncé le coup d’Etat mené par le capitaine Sanogo ! Nous dénonçons aussi jusqu’à présent les avantages qu’on lui procure ! Mais ce n’est pas à nous de décider s’il doit aller en prison ou non ! C’est le travail de la justice et de personne d’autre. Nous, nous dénonçons ce qu’il y a à dénoncer. Maintenant c’est à la justice de faire son travail.

Afrik.com : Actuellement, il y a-t-il une liberté de la presse au Mali ?

Makan Koné :
On ne peut pas dire qu’il n’y a pas de liberté de presse au Mali, mais elle est actuellement menacée ! La preuve en est qu’on a arrêté un de nos confrères après la publication d’une lettre critiquant un responsable.