Mahamat Mahdi Ali alerte : « On risque de perdre tout le Sahel si… »


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Mahamat Mahdi Ali, chef du FACT
Mahamat Mahdi Ali, chef du FACT

Mahamat Mahdi Ali, chef du groupe rebelle tchadien Front pour l’alternance et la concorde au Tchad, sort de sa réserve. Il dément les informations selon lesquelles le FACT s’est ligué avec Wagner. Dans quel but ? Planifier l’assassinat du président de la Transition au Tchad, Mahamat Idriss Deby, selon des révélations de la presse américaine.

Le Tchad est au-devant de la scène, ces derniers jours, avec des menaces à l’encontre du dirigeant tchadien, Mahamat Déby. Ce dernier serait dans le viseur des rebelles du FACT, en complicité avec les paramilitaires de Wagner. Selon la presse américaine, c’est pour lui faire subir le même sort que son père Idriss Déby, tué il y a près de deux ans. Ce que dément le chef des rebelles, interpellé par VOA, dans la soirée de ce samedi 25 février.

« Le FACT est une guérilla très classique. Lorsque nous allons lancer nos actions, nous allons faire une déclaration de guerre », a alerté Mahamat Mahdi Ali. Le chef du groupe rebelle va plus loin, soulignant que « Wagner n’a jamais travaillé avec des groupes rebelles. Wagner a toujours été avec des États. Que cela soit en Centrafrique, au Mali, au Soudan, même en Lybie » où, dit-il, Wagner est venu par le biais du Parlement libyen.

« Les pays amis du Tchad ont tous démissionné »

Revenant sur la situation tendue au Tchad, le chef rebelle estime que « les pays amis du Tchad ont tous démissionné ». Mahamat Mahdi Ali regrette : « on a abandonné le pays à une junte qui pilote les choses à vue. Qui gère les choses au jour le jour ». Non sans tirer la sonnette d’alarme : « si on continue ainsi, les choses vont s’aggraver. Et on risque, non pas de perdre le Tchad, mais on risque de perdre tout le Sahel ».

Sur la période de Transition, le chef rebelle rappelle que « la junte avait promis une transition rapide de 18 mois ». Sauf que, dit-il pour le regretter, elle a « cessé de respecter cet engagement. Nous étions initiateurs de tous les dialogues qui ont été organisés depuis avril 2021. Mais malheureusement, on a constaté qu’en face, la junte rejette systématiquement toute participation de FACT à ces dialogues ».

Mahamat Mahdi Ali appelle à une égalité entre les Tchadiens

Abordant l’échange de prisonniers de guerre, il révèle : « nous avons libéré leurs prisonniers de guerre, depuis le mois de mai 2021. Eux ils emprisonnent, ils torturent nos prisonniers, chaque matin. C’est cela la réalité ». Peut-on espérer un retour à la paix ? « Comment prôner la violence pour une résolution de conflit ou de mésentente ?… Nous sommes pour la paix. Nous avons, de tout temps avancé le dialogue pacifique. Et ça depuis 2016 ». La guerre, lance-t-il, « on sait quand est-ce qu’on va la commencer, mais on ne sait pas quand est-ce qu’elle va s’arrêter et comment elle va s’arrêter et avec quelles conséquences ».

Selon le rebelle en chef, « ce sont ceux-là qui sont en cours d’arguments qui recourent à la violence. Et nous ne sommes pas en cours de d’arguments ». Quid du projet FACT ? « Que ce soit politique ou social, il se résume en son nom, le FACT : Front pour l’Alternance et la Concorde au Tchad. L’alternance politique est une réalité au Tchad. La concorde est l’unité de tous les fils du Tchad », dit-il. Il appelle en outre à « une égalité entre les Tchadiens. Égalité, justice entre tous les Tchadiens ».

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