Madagascar : Rajoelina tente de séduire Zafy et Ratsiraka

Le président de la Haute Autorité de Transition (HAT), Andry Rajoelina a exhorté dans une lettre ouverte Albert Zafy et Didier Ratsiraka, anciens présidents de Madagascar à se joindre à lui pour le bien de la Nation. L’accord de sortie de crise signé vendredi soir avec 99 petits partis a en effet été boudé par les trois grandes mouvances de l’opposition qui dénoncent une manœuvre du pouvoir.

Andry Rajoelina se livre à un véritable exercice de style. Dans une lettre ouverte signée par son directeur de cabinet à l’intention d’Albert Zafy et de Didier Ratsiraka, anciens chefs d’Etat malgache, le président de la Haute Autorité de Transition appelle de ses vœux à la concorde entre tous les acteurs politiques du pays. « Anciens responsables de notre pays nous vous exhortons à nous rejoindre au nom de l’intérêt supérieur de la Nation. Madagascar a besoin de tous ses fils » écrit-il avant de poursuivre « Nos compatriotes, dont les jeunes qui sont majoritaires sont l’avenir de ce pays et ont besoin de vos expériences pour reconstruire ensemble cette nation. Chacun de nous compte. Nous faisons appel à votre grande sagesse et patriotisme pour contribuer à la réussite de cette conférence nationale garante d’une paix sociale qui nous permette de revenir à un ordre constitutionnel dans une sérénité retrouvée empreinte de FIHAVANANA [[Valeur d’entraide et de solidarité érigée en principe de base de la vie collective à Madagascar.]].»

A la tête du pays depuis un coup d’Etat en mars 2009, le président Andry Rajoelina a signé vendredi soir un accord avec 99 petits partis politiques prévoyant un retour à l’ordre constitutionnel après 18 mois de crise. Le texte prévoit un calendrier électoral de sortie de crise. Les dates des trois prochains rendez-vous électoraux y sont fixés: un référendum sur la nouvelle Constitution le 17 novembre prochain, des élections législatives le 16 mars 2011, et la présidentielle le 4 mai suivant. Confirmant Andry Rajoelina à la plus haute place de l’Etat, ce texte lui donne également le pouvoir de nommer les ministres sur recommandations des chefs de partis et du Parlement provisoire.

Les mouvances d’opposition des trois ex-chefs d’Etat Marc Ravalomanana, Didier Ratsiraka et Albert Zafy n’ont pas vu d’un bon œil ces négociations. Ils ont d’ailleurs rejeté massivement l’accord. « Une nouvelle fois, ce sont des décisions unilatérales qui laissent trop de monde de côté », a dénoncé Ange Andrianarisoa, à la tête du mouvement de Didier Ratsiraka.

Le président Andry Rajoelina qui a invité les anciens responsables du pays à la réconciliation ne s’est toutefois pas adressé à son prédécesseur, l’ancien président Marc Ravalomanana, chassé du pouvoir sous la pression des militaires en mars 2009.