Madagascar : cinquante ans et toujours en crise

Madagascar célèbre le cinquantième anniversaire de son indépendance sous le signe de la division. Les mouvances politiques opposées à Andry Rajoelina, président autoproclamé de la Haute autorité de transition (HAT), ont décidé de boycotter les cérémonies officielles prévues ce samedi. La Grande île traverse une grave crise politique depuis fin 2008.

Beaucoup de citoyens malgaches ont décidé de déroger à la coutume : ils n’accrocheront pas les drapeaux de leur pays aux balcons de leur fenêtre cette année. Madagascar célèbre le cinquantième anniversaire de son indépendance alors que le pays est en proie à une crise politique majeure depuis 2008.

Le régime en place, la Haute autorité de transition (HAT), présidée par Andry Rajoelina qui dirige le pays depuis l’éviction du président Marc Ravalomanana en mars 2009, a organisé des festivités grandioses. Elles seront notamment marquées par une sucession de concerts gratuits. Jouant la carte de l’union, le gouvernement a également convié l’opposition et les chancelleries au défilé militaire et au cocktail dinatoire qu’il organise ce samedi 26 juin. Sans surprise, les mouvances des trois anciens présidents – Didier Ratsiraka, Albert Zafy et Marc Ravalomanana -ont décliné l’invitation et annoncé qu’ils boycottaient les festivités. «Ce sont des initiatives unilatérales prises par la HAT, qui n’est pas reconnue», indique un partisan d’Albert Zafy, cité par L’Express de Madagsacar. Samedi dernier, les partisans de Marc Ravalomanana avaient organisé un rassemblement parallèle aux cérémonies officielles sur le parking d’une société appartenant au président déchu, rapporte l’AFP.

La communauté internationale en rangs dispersés

La communauté internationale, qui ne reconnaît par le régime d’Andry Rajoelina, n’est pas parvenue à adopter une position commune quant à sa participation ou non aux cérémonies officielles. Chaque ambassade devrait donc en référer à son gouvernement sur la conduite à tenir. L’éventualité d’un boycott ne semble en tout cas pas inquiéter outre mesure le gouvernement malgache. «Je sais que des invités vont répondre d’une manière favorable mais je ne peux pas les citer. Ce sera une surprise », a indiqué, laconique, Hippolyte Ramaroson, le ministre des Affaires étrangères.

Depuis la prise de pouvoir de Rajoelina, les nombreuses négociations de sortie de crise, menées sous l’égide de la communauté internationale, ont été infructueuses. Le président de la HAT a annoncé en mai dernier la tenue d’un référendum en août, puis des législatives en septembre. Il a également annoncé qu’il ne se présentera pas à la présidentielle prévue en novembre et invité les forces vives à participer au processus. Mais les trois mouvances qu’ils lui sont opposées ont d’ores et déjà annoncé qu’ils ne prendraient pas part au processus.