M’Batto paralysée par une grève des producteurs de cacao


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Cacao
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La ville de M’Batto, située dans la région du Moronou, a connu une journée de forte tension ce vendredi 8 mai 2026. À l’appel de plusieurs organisations de producteurs, les planteurs de cacao ont cessé toute activité et bloqué les principaux accès de la ville pour protester contre les difficultés persistantes de commercialisation de la récolte intermédiaire.

Dès le matin, M’Batto a présenté un visage inhabituel : rues désertes, camions à l’arrêt, marché au ralenti. Les fèves n’ont pas circulé, conséquence directe d’un mot d’ordre de grève largement suivi par les acteurs de la filière.

Le point de discorde principal réside dans l’application effective du prix bord champ fixé par le Conseil Café-Cacao. Selon le porte-parole du collectif des producteurs locaux, certains acheteurs proposeraient des prix largement inférieurs au tarif officiel, invoquant la qualité des fèves de la petite saison pour justifier des décotes que les planteurs jugent injustifiées.

Des barrages vers Bongouanou

Les manifestants ont érigé des barrages de fortune sur l’axe principal menant à Bongouanou, empêchant la sortie des stocks vers les ports d’Abidjan et de San Pedro. Des représentants de coopératives locales ont insisté sur la dimension sociale de la crise : avec la hausse du coût des intrants, une commercialisation en deçà du prix officiel compromettrait l’équilibre financier de nombreuses familles de planteurs jusqu’à la grande traite.

Face au risque de paralysie totale, le préfet du département a convié une délégation de producteurs et les représentants des acheteurs de la région à une table ronde d’urgence à la mi-journée, avec pour objectif la levée des barrages et le respect strict des prix officiels.

Les forces de l’ordre, déployées en nombre, ont veillé à ce que la manifestation reste pacifique, bien que l’accès aux banques et aux services administratifs soit resté perturbé durant toute la matinée.

En fin de matinée, les discussions se poursuivaient à la préfecture. Les planteurs conditionnent la reprise du travail à des garanties fermes sur le contrôle des acheteurs et la fin des « réductions sauvages » sur le poids des sacs. Cette crise à M’Batto intervient dans un contexte de pression accrue sur la filière, alors que la Côte d’Ivoire assure plus de 40 % de la production mondiale de cacao.

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