Lueur d’espoir au Soudan

Khartoum prétend redorer son blason. Pour la première fois depuis 1983, un cessez-le-feu vient d’être signé entre le gouvernement et les rebelles du sud Soudan. Bien que très limité, cet accord porte avec lui l’espoir d’une paix ardemment désirée.

 » C’est un pas important vers le retour à une vie plus normale. C’est un soulagement pour les Noubas et cela contribue à créer une atmosphère qui conduit à la paix « , a déclaré à la radio officielle Omdurman Ghazi Salah al-Din al-Atabani, conseiller pour la paix du président soudanais. Un soulagement, en effet. Après dix-neuf ans d’une guerre civile ininterrompue qui a déjà fait deux millions de morts, les habitants des monts Noubas, au sud du pays, vont enfin respirer… le temps d’un cessez-le-feu.

Accord minimal

L’accord, signé samedi à Burgenstock (Suisse) entre le gouvernement de Khartoum et le Mouvement de Libération du Peuple Soudan (MLPS), soutenu par l’Armée des montagnes Nouba (A-Nuba), doit durer six mois. Il est circonscrit aux monts Noubas, soit à une zone de 80 000 km². Depuis le début de la guerre, les Noubas ont été saignés de plus de la moitié de leurs effectifs. La guerre qui fait rage entre l’Etat islamiste soudanais du Général El Béchir et les rebelles chrétiens et animistes du sud du pays n’a pas épargné cette communauté qui comprend pourtant un tiers de musulmans.

C’est ce mardi, soit 72 heures après sa signature, que le cessez-le-feu doit prendre effet. Sous l’égide de la Suisse et les Etats-Unis, les trois parties ont accepté l’envoi d’observateurs internationaux pour superviser sa réalisation. Décision salutaire : la libre-circulation des biens et des personnes figure explicitement dans le traité. L’aide alimentaire destinée aux Noubas pourra donc être enfin acheminée. Khartoum a cependant refusé net que des forces des Nations Unies prennent place sur le territoire soudanais.

Vers la paix ?

Le porte-parole du MLPS/A-Nuba, Yassir Arman, veut considérer cet accord comme l’amorce d’un processus de paix – formule que se garde bien d’employer la délégation du gouvernement. Les autorités ont tout juste laissé entendre que le cessez-le-feu pourrait être reconduit au terme des six mois.

Ces négociations marquent pourtant un tournant dans l’Histoire du Soudan. Jonh Danforth, l’envoyé spécial des Etats-Unis pour la paix, considère cet événement comme l’aboutissement glorieux des tractations qu’il mène depuis le mois de septembre avec le gouvernement soudanais. Washington soutient depuis longtemps les rebelles sudistes. El Béchir aurait-il peur de figurer sur la liste noire américaine ?

Voir aussi le site de Vigilance Soudan :