Lomé veut récupérer ses créances

Deux commissions nationales viennent d’être créées par décret présidentiel au Togo. L’une pour lutter contre la corruption. L’autre pour aider les banques togolaises à recouvrer leurs créances. Une initiative attendue par un secteur en pleine crise.

Mercredi, deux commissions nationales ont été créées par décret présidentiel : la Commission de Lutte contre la corruption et la Commission du Recouvrement des créances des établissements financiers et institutions bancaires et de crédit du pays. Derrière cette appellation un peu longue, se cache une crise de longue date. Celle du secteur bancaire togolais.

L’ensemble du système bancaire du pays (comprenant la Banque Togolaise de Développement, l’Union Togolaise de Banque, la Banque Togolaise pour le Commerce et l’Industrie, la Société Nationale d’Investissement et la Société internationale de Banque) subit des créances de l’ordre de 70,987 milliards de FCFA (à peu près 800 millions de francs). Une situation difficile qui ne fait qu’empirer.  » Ces derniers temps, les impayés ont augmenté et il faut vraiment des moyens extra-judiciaires pour que les banques rentrent dans leurs fonds « , explique un cadre de la Banque Togolaise de Développement (BTD).

Retard de paiement.  » Nos clients abusent de manoeuvres dilatoires pour retarder le paiement de leurs créances. Ici, les procédures judiciaires sont lentes. Il faut parfois trois ans pour faire aboutir un procès. Il y a beaucoup de mauvaise foi. En plus, tout le monde se connaît et il est difficile pour un avocat de faire payer un frère ou un cousin « , analyse le banquier.

Négocier le remboursement

Les banques attendent donc de la Commission qu’elle fasse pression sur les clients récalcitrants, tout en respectant les principes légaux.  » Lorsque cette Commission existait, les créances étaient recouvertes. Aujourd’hui, il faut utiliser les anciennes procédures en les améliorant. Il faut convoquer les clients, discuter et proposer des solutions de remboursement « , insiste le cadre de la BTD.

Ces deux Commissions ont existé de la fin des années 80 jusqu’au début des années 90. Jusqu’à ce que les soubresauts politiques et les changements de régimes qui affectent le pays dans la dernière décennie du siècle, ne les fassent disparaître. Aujourd’hui, le ministère de l’Economie et des Finances se félicite de cette initiative, mais s’interroge encore sur la marge de manoeuvre, les forces et les limites d’une commission dont les membres n’ont pas encore été choisis. Les banques devront attendre.