Lomé paie ses dettes

Le Togo vient de solder son ardoise de 5 milliards de FCFA d’arriérés à la Banque mondiale. Les grands projets en cours d’exécution, en veilleuse depuis novembre 2000 à cause du gel des décaissements de l’institution internationale, peuvent enfin reprendre. Un bol d’air pour l’économie.

 » Nous avons épongé nos arriérés avec la Banque mondiale « , se félicite M. Simfeitcheou Pré, le ministre togolais du Plan.  » Un effort que nous avons dû faire pour redonner vie à tous nos projets et à notre économie « . En s’acquittant d’une ardoise de plus de 5 milliards de FCFA (50 millions de FF) d’arriérés, le Togo vient de normaliser ses relations avec l’un de ses principaux bailleurs de fonds. L’institution internationale a annoncé le 15 août dernier au gouvernement la reprise de décaissements interrompus depuis le 14 novembre 2000. En tout, ce sont près de 60 milliards de FCFA (600 millions de FF) sur deux à trois ans qui sont débloqués pour appuyer le développement du pays.

 » La suspension des décaissements n’était pas une sanction. Il s’agissait juste d’une mesure technique bancaire « , tient à préciser Mme Kreuzwieser, la représentante résidente de la Banque mondiale au Togo. Et le ministre du Plan abonde en ce sens. Un peu plus de 5 milliards de FCFA, c’est la somme que le pays a dû débourser en juillet dernier pour honorer le cumul du remboursement de ses dettes. Une somme qui correspond à près de dix mois d’échéances impayées.

Impossible de rembourser tout le monde en même temps

 » En suspension avec l’Union européenne depuis huit ans (l’UE a arrêté sa coopération avec le Togo depuis 1993. Mesure de rétention à la suite d’élections présidentielles très controversées, ndlr), le pays vit sur ses propres ressources.  » On ne peut pas faire face à tous nos engagements au même moment. Il nous fallait faire des choix et programmer nos remboursements en fonction de nos différents bailleurs de fonds « , explique Simpfeitcheou Pré pour justifier ces dix mois d’arriérés.

Depuis le 14 novembre de l’année dernière, la Banque mondiale, observant la procédure classique, suspend, après une série d’avertissements, ses décaissements aux projets en cours.  » Sans crédit, nous avons été obligés de mettre nos projets en veilleuse « , explique le ministre. Le projet de transport routier, celui de développement urbain pour la ville de Lomé, le projet national d’appui au secteur agricole ainsi que celui d’appui à la restructuration des entreprises publiques et le projet pilote de fonds social vont donc pouvoir reprendre.

Un bol d’air de 60 milliards de FCFA

 » 53 milliards sur deux à trois ans vont être débloqués au rythme des différents projets, dont 10 avant la fin de l’année « , note la représentante de la Banque mondiale. En plus des cinq projets en cours de réalisation, cette enveloppe est susceptible de financer également des  » crédits d’ajustement structurel (crédits d’appui budgétaire accordés à l’Etat, ndlr) « .

Mais pour l’heure, le gouvernement se concentre sur six autres grands projets, aux premiers rangs desquels le développement sanitaire de la ville de Kara et un programme de lutte contre le sida, qui vont bientôt passer devant le conseil d’administration de la Banque. Le Togo repart sur des bases assainies.