Libye : pénurie d’eau à Tripoli dans le contexte du Coronavirus

Engagée aux côtés de Khalifa Haftar dans sa conquête de la capitale libyenne, une tribu du sud de Tripoli a procédé à la fermeture d’un grand réservoir d’eau afin d’obtenir la mise en liberté de combattants incarcérés par les milices de Tripoli. Des problèmes de pénurie d’eau existent dès lors alors même que le pays, comme plusieurs autres nations du monde, est en proie à une crise sanitaire liée au Covid-19.

Alors que cela fait plus d’un an qu’ils sont assiégés, les habitants de Tripoli sont privés d’eau courante depuis une semaine. Assoiffée, la population se rue vers les épiceries pour acquérir des bouteilles d’eau. Les Tripolitains n’ont qu’un bout de temps pour s’approvisionner en raison du couvre-feu décrété par le gouvernement et qui court de 14 heures à 7 heures du matin.

C’est malencontreusement une situation récurrente en Libye. En 2017, la tribu des Mégara avait été à l’origine d’une coupure d’eau. Le fief des Mégara, situé dans le sud de la capitale libyenne, inclut le réservoir majeur alimentant la ville. Depuis lors, les populations de Tripoli ont toujours été confrontées au manque d’eau. Anciens adeptes de Kadhafi, les protagonistes de la tribu sont désormais acquis à la cause du maréchal Khalifa Haftar. L’armée de ce dernier avait tenu à signaler qu’elle n’était nullement engagée dans cette opération qui, selon elle, résultait de tensions tribales.

C’est donc dans une situation de pénurie d’eau que la Libye a enregistré son premier cas de Covid-19, le 24 mars dernier. Le représentant libyen de l’Unicef, Abdel-Rahman Ghandour, a déclaré que cette privation d’eau est un véritable crime de guerre et que cela l’est encore plus en ce moment de pandémie mondiale. L’homme a argumenté que les Tripolitains sont incapables de se laver et qu’ils ne peuvent pas non plus nettoyer leurs aliments ; une situation qui, selon lui, est susceptible d’accroître les risques d’épidémie.