Libye : les insurgés reculent

Les insurgés ne sont pas parvenus à confirmer leur avancé vers Syrte. Au contraire, la contre-offensive de l’armée loyalistes a fait reculer la ligne de front jusqu’à Brega. Face à l’intensité des combats, les insurgés demandent à la coalition de ne pas les abandonner, mais l’armement des rebelles fait débat.

Depuis mardi, la dure réalité de la guerre se rappelle aux insurgés libyens. En seulement deux jours, les rebelles ont perdu les positions obtenues vers l’ouest depuis vendredi dernier, grâce à leurs efforts et au soutien aérien de la coalition internationale. Les forces loyalistes, revigorées par la diminution d’intensité des frappes aériennes occidentales ont reconquis mercredi le port pétrolier stratégique de Brega dans l’est du pays. Elles avaient déjà repris dans la matinée la ville de Ras Lanouf, aux mains des insurgés depuis dimanche dernier.

Un nouveau raid aérien contre les forces du régime de Mouammar Kadhafi a été mené mercredi après-midi près d’Ajdabiya. Il s’agit de la première opération de la coalition sous le commandement de l’Otan. Jusqu’à présent, les frappes étaient menées sous la direction des États-Unis et de la France.

Faut-il armer les rebelles ?

Le retour en force des loyalistes a remis la question controversée de l’armement des insurgés au cœur des négociations. Les gouvernements français et américain se sont dits favorables à une telle décision lors de la réunion du « groupe de contact » mardi à Londres. La quarantaine de représentants présents – dont le Qatar et la Ligue arabe – et malgré l’absence remarquée de l’Union Africaine, ont convenu que Mouammar Kadhafi devait quitter le pouvoir. Ils ne sont pas parvenus cependant à se mettre d’accord sur les moyens à utiliser pour l’y contraindre. A Benghazi, un porte-parole du Conseil national de transition (CNT) a déclaré que « les insurgés cherchaient à se procurer des armes lourdes auprès de nations amies », rapporte Le Monde. Interrogé par Sky News sur la possibilité de fournir des armes aux opposants libyens, le secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a répondu que « la résolution du Conseil de sécurité est très claire : elle exige l’imposition d’un embargo sur les armes. Nous sommes donc là pour protéger les populations et pas pour les armer ». Le gouvernement italien s’est également opposé à cette éventualité, estimant qu’armer « les rebelles serait une mesure controversée, une mesure extrême qui diviserait certainement la communauté internationale ».

Malgré la déroute des forces insurgées ces dernières heures, le président américain Barack Obama s’est dit persuadé que Mouammar Kadhafi finirait par quitter le pouvoir.

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