Libye: le QG de Kadhafi aux mains des rebelles

Les rebelles se sont emparés mardi du complexe de Bab al-Aziziya, la résidence de Mouammar Kadhafi à Tripoli. Ils n’y ont trouvé ni le dirigeant ni ses proches. Les combats se poursuivent à l’est de la Libye.

Le quartier général de Mouammar Kadhafi à Tripoli est tombé mardi aux mains des rebelles tandis que le dirigeant libyen restait introuvable. «Les rebelles ont défoncé les murailles en béton de l’enceinte et ont pénétré dedans. Ils ont pris Bab al-Aziziya (QG de Kadhafi), entièrement, c’est fini», a témoigné un correspondant de l’AFP présent sur les lieux. Les rebelles qui étaient au nombre de quelques centaines ont investi le complexe de plusieurs centaines de mètres carrés et comportant plusieurs bâtiments dans la journée de mardi. Ils se sont emparés des stocks d’armes et de munitions abandonnés par les hommes de Kadhafi. Le journaliste de l’AFP a fait état de la présence de plusieurs corps sur le sol de cette résidence de Mouammar Kadhafi, probablement des militaires loyalistes et de nombreux blessés. Ce QG du dirigeant libyen constitue un lieu symbolique. Mouammar Kadhafi y avait échappé de peu à la mort en 1986, lors d’un raid de l’aviation américaine.

Kadhafi introuvable

Le guide et ses proches restent cependant introuvable. « Bab al-Aziziya est entièrement sous notre contrôle, le colonel Kadhafi et ses fils n’étaient pas sur place», a déclaré depuis Benghazi le colonel Ahmed Omar Bani, porte-parole militaire de la rébellion. Lors de son apparition dans une voiture blindée dans la nuit de lundi à mardi, Seif al-Islam le fils cadet de Kadhafi que la rébellion avait annoncé à tort avoir arrêté avait indiqué que son père se trouvait toujours à Tripoli, en lieu sûr. Les rebelles sont entrés samedi dans la capitale libyenne, lors d’une offensive baptisée « Sirène ». Leurs troupes évaluées à quelques 2000 hommes après avoir reçu des renforts n’ont pratiquement pas rencontré de résistance de la part des hommes de Kadhafi. Ils contrôlent près de 80% de la ville. Toutefois, les combats se poursuivent à l’est de la Libye, où les insurgés tenteraient d’avancer vers le port pétrolier de Ras Lanouf, en direction de Syrte, ville d’origine de M. Kadhafi.

Barack Obama et Nicolas Sarkozy qui se sont entretenus par téléphone mardi leur ont assuré de leur soutien militaire jusqu’à la chute définitive du régime Kadhafi.