Libye : le pétrolier nord-coréen a échappé aux autorités

Le pétrolier nord-coréen, normalement bloqué par les autorités libyennes pour avoir acheté « illégalement » du brut libyen aux rebelles de Cyrénaïque, aurait réussi à rejoindre les eaux internationales, contrairement à ce qu’à annoncé le gouvernement lundi soir.

Coup de théâtre ! Alors que les autorités libyennes indiquaient lundi soir avoir intercepté un pétrolier nord-coréen qui tentait de rejoindre les eaux internationales avec à son bord du brut libyen vendu « illégalement », une information vient, ce mardi, contredire cette version. Le navire aurait en réalité réussi à rejoindre les eaux internationales.

Les autorités libyennes ont pourtant affirmé, lundi soir, que la marine et des forces pro-gouvernementales avaient intercepté le navire avant de le conduire dans un port contrôlé par l’Etat. La veille, le Premier ministre libyen, Ali Zeidan, avait même menacé de bombarder le navire s’il tentait de quitter le port d’El-Sedra avec du pétrole libyen à son bord !

Si la nouvelle venait à se confirmer, il s’agirait d’un véritable camouflet pour les autorités de Tripoli. D’autant plus que le Premier ministre a à plusieurs reprises menacé les rebelles de Cyrénaïque sans ne jamais rien faire. Aurait-il agis pareil à propos du pétrolier « Gloire du matin » ? Contactée par Reuters, la marine libyenne s’est refusé à tout commentaire. Un journaliste présent sur place a toutefois constaté l’absence du navire du port Es Sider.

« Le pétrolier est parti et se trouve maintenant dans les eaux internationales », a déclaré Mohammad Hitab, porte-parole de la compagnie pétrolière nationale Al Waha, qui gère le port d’Es Sider. « Nous avons escorté le pétrolier hors du port à 03h00 du matin », a affirmé l’un des insurgés autonomistes d’Es Sider. Ce dernier prétend que cinq navires rebelles ont escorté le pétrolier vers les eaux internationales. Des médias libyens indiquent quant à eux que le pétrolier a tout simplement échappé à l’escorte envoyée par le gouvernement, profitant des mauvaises conditions climatiques pour se faufiler en mer.

La région de Cyrénaïque est actuellement contrôlée par des rebelles séparatistes, partisans du fédéralisme, qui bloquent depuis plus de huit mois plusieurs ports pétroliers, empêchant ainsi les autorités d’exporter du brut.