Libye : le nouveau gouvernement ne fait toujours pas consensus

Un nouveau gouvernement d’union nationale a été formé et sa composition a été soumise au parlement internationalement reconnu. Mais à peine a-t-il été présenté qu’il est déjà pointé du doigt.

La Libye est toujours à la recherche d’un consensus autour du gouvernement. Un gouvernement d’union nationale a été formé et sa composition a été soumise au parlement internationalement reconnu, a annoncé, dimanche, le Conseil présidentiel libyen, soutenu par l’ONU. Le Conseil présidentiel est composé de neuf membres de factions rivales libyennes et dirigé par Fayez al-Sarraj, un homme d’affaires appelé à devenir le Premier ministre. Des négociations pour la formation d’un gouvernement d’union nationale, souhaitée par la communauté internationale, se tiennent à Skhirat, au Maroc.

Avec cette nouvelle proposition, « nous espérons que cela sera le début de la fin du conflit en Libye », a annoncé le porte-parole du Conseil présidentiel, Fathi al-Mejebri. Toutefois, le nouveau gouvernement est déjà contesté. Deux membres du Conseil, en effet, ont refusé de signer le document annonçant la formation de la nouvelle équipe gouvernementale. « Nous n’avons pas signé, car nous ne sommes pas d’accord sur le gouvernement. La façon dont les ministres ont été nommés n’est pas transparente du tout », ont-t-il déclaré.

Ce nouveau gouvernement est composé de 18 membres dont cinq ministres d’Etat. Le Conseil présidentiel avait déjà proposé un premier gouvernement d’union nationale qui comptait 32 membres. Mais celui-ci avait été rejeté le 25 janvier par le parlement de Tobrouk parce que le nombre de ses membres avait été jugé trop élevé.

Depuis la chute de Mouammar Kadhafi, suite à l’intervention de l’OTAN, dirigé par l’ancien président français Nicolas Sarkozy, la Libye est plongée dans le chaos. Le pays est doté de deux gouvernements, l’un reconnu internationalement, qui siège à Tobrouk, dans l’est de la Libye. Un autre rejeté par la communauté internationale, siégeant à Tripoli, la capitale libyenne.

La communauté internationale qui avait longtemps tourné le dos à la Libye, tente désormais d’accélérer le processus pour la formation d’un gouvernement d’union nationale. Les Occidentaux craignent en effet que l’organisation de l’Etat islamique, qui s’est déjà emparée de la ville de Syrte, fasse de la Libye son nouveau sanctuaire.