Libye : le jugement de Seif al-islam Kadhafi toujours en débat

Seif al-islam Kadhafi, fils du défunt leader libyen, a comparu jeudi devant le tribunal de Zenten en Libye pour avoir tenté de communiquer illégalement en juin avec l’extérieur alors qu’il était en détention. Mais le jugement de Seif al-islam Kadhafi fait toujours l’objet d’un contentieux entre la justice libyenne et la Cour pénale internationale (CPI) qui réclame son extradition à la Haye, estimant qu’il ne bénéficierait pas d’un procès équitable dans son pays.

Seif al-islam Kadhafi va devoir rendre des comptes. Détenu depuis novembre 2011 à Zenten après avoir été capturé par les anciens rebelles libyens au sud de la Libye, le fils du défunt leader libyen, âgé de 40 ans, a comparu jeudi devant la Cour pénale de Zenten pour avoir tenté de communiquer illégalement en juin dernier avec l’extérieur. Il est poursuivi pour « complicité dans l’échange d’informations et l’obtention de documents de nature à porter atteinte à la sécurité nationale », a précisé le procureur général libyen Taha Baraa.

Les accusations à son encontre débutent lorsqu’une de ses avocates nommée par la Cour pénale internationale (CPI) l’Australienne Mélinda Taylor lui apporte un stylo-caméra lors d’une visite pour tenter de lui transmettre une lettre codée de son ancien bras-droit Mohammed Ismaïl, l’un des hommes les plus recherchés par la justice libyenne.

Seif el islam risque la pendaison

De nombreuses questions restent toujours en suspens concernant la tenue d’un procès pour le fils de l’ex-leader libyen. Accusé aussi de crimes contre l’humanité commis pendant le soulèvement contre le régime de son père, Seif al-islam Kadhafi n’est en effet pas un prisonnier comme un autre. La justice libyenne est-elle apte à le juger avec équité ? Pour la Cour pénale internationale, la Libye n’est pas en mesure de mettre sur pied un procès équitable pour Seif al-islam. Elle réclame toujours le droit de le juger à la Haye afin qu’il n’y est aucune ambiguïté. Une requête que Tripoli a rejetée.

Bras de fer entre la justice libyenne et la CPI

Seif al-islam Kadhafi risque la peine de mort s’il est jugé dans son pays estime la CPI. « Même si le gouvernement libyen a éludé le sujet, soyons clairs : s’il est condamné (en Libye, ndlr), M. Kadhafi sera pendu », a déclaré en octobre dernier son avocate Mélinda Taylor. Une menace que craint le seul fils de Mouammar Kadhafi à être emprisonné. Il avait d’ailleurs réclamé en août 2012 à être jugé par la CPI. « Je n’ai pas peur de mourir, mais si on m’exécute après un tel procès, alors appelez cela un meurtre », avait-il assuré. Selon lui, « la seule solution pour que la Libye et les Libyens obtiennent justice est que la CPI juge cette affaire de manière juste, impartiale et indépendante. Il n’y aura pas non plus de vérité si des témoins encourent la prison à vie simplement pour avoir témoigné en ma faveur ».

Si la Haye assure que les autorités libyennes ne sont pas en mesure de juger l’affaire, ces dernières estiment aussi à leur tour que la CPI n’est pas compétente pour le faire. La question du jugement de Seif al-islam Kadhafi qui oppose la Libye et la juridiction internationale va encore longtemps faire débat.