Libye : des milices s’affrontent pour le contrôle d’un pont à Tripoli

Les combats entre milices rivales ont repris ce week-end à Tripoli. Des observateurs ont décrit la journée de samedi comme « la pire depuis le début des affrontements ».

De violents affrontements entre milices rivales ont lieu ce week-end à Tripoli, la capitale libyenne. Des observateurs ont décrit la journée de samedi comme étant « la pire depuis le début des affrontements ». Les combats, qui touchaient principalement la zone autour de l’aéroport, se sont étendus dans le sud mais aussi dans les quartiers et la route côtière de l’Ouest. Les quartiers résidentiels ne sont pas épargnés. Les violences ont d’ailleurs tendance à se déplacer vers le centre-ville.

La milice de Mistrata prend le dessus ?

D’après des habitants, des miliciens de Zenten (ouest), et des milices de Misrata se sont affrontés vendredi et samedi aux roquettes Grad et à l’artillerie pour le contrôle d’un pont, un verrou de l’aéroport, situé dans le sud de Tripoli et initialement contrôlé par les miliciens de Zenten. Mais la milice de Misrata dit avoir repris le contrôle du pont et d’un QG de l’armée, une information impossible à confirmer pour le moment.

Dimanche, les habitants de la capitale assistaient encore, impuissants, aux échanges de tirs et de missiles. Certains ont exprimé leur inquiétude face aux « bombardements aveugles, sans cible précise ». Les files d’attente pour l’essence et le pain peuvent désormais atteindre plusieurs heures. Et les coupures d’électricité durent parfois jusqu’à 20 heures d’affilée dans certains quartiers de la capitale.

La mission onusienne en Libye inquiète

Le jour-même, la mission de l’ONU en Libye (Unsmil) s’est dite très inquiète de la détérioration de la situation, rapporte RFI. Dans un communiqué publié hier, l’Unsmil a « vivement dénoncé le bombardement de quartiers résidentiels, les pertes parmi les civils, qui ont été contraints de prendre la fuite, et les dommages causés à leurs propriétés ». La mission onusienne a regretté « l’indifférence » des parties en conflit à l’égard des appels de la communauté internationale pour mettre fin aux violences et instaurer un cessez-le-feu.

Le nouvel envoyé spécial des Nations unies, l’Espagnol Bernardino Leon, nommé jeudi dernier, doit succéder au Libanais Tarek Mitri, le 1er septembre. Il devrait se rendre en Libye dans la semaine pour poursuivre les négociations pour un cessez-le-feu.