Liberia : la poste renaît de ses centres

La poste reprend du service au Liberia. Les bonnes nouvelles ont commencé à arriver, mardi, avec la mise en service des nouveaux timbres, les premiers de l’après-guerre civile. L’Union postale universelle apporte une aide précieuse au Liberia dans le redéploiement progressif de ses services postaux interrompus par quatorze ans de guerre civile.

Avis aux philatélistes de la planète : le Liberia, autrefois prisé par les jeunes collectionneurs de timbres, a recommencé à en produire. Deux séries de timbres, représentant le scrutin de 2005 et la prestation de serment, en janvier 2006, d’Ellen Johnson Sirleaf, la Présidente du Liberia, ont été présentées mardi. Marquant ainsi la réactivation progressive des services postaux interrompus durant les quatorze années de guerre civile qu’a connues le pays. Le lendemain de cet évènement historique, Mme Sirleaf annonçait la réouverture de centres postaux sur l’ensemble du territoire libérien. Les administrations des 15 comtés du pays devraient mettre à disposition des locaux adéquats.

Cependant, toutes ces mesures ne sont que les prémisses d’une gigantesque opération qui vise à faire renaître de ses cendres un réseau postal, autrefois fort de 160 bureaux pour moins des 3,5 millions d’habitants que compte aujourd’hui le Liberia. A ce jour, sept seulement sont opérationnels et la poste principale de Monrovia, la capitale, nécessite d’être rénovée à l’instar de tous les autres centres du pays. Pour y parvenir, le ministre libérien des Postes et Télécommunications, Jackson Doe, a officiellement demandé, en mai dernier, l’aide de l’Union postale universelle (UPU[[Avec 191 pays membres, l’UPU constitue le principal forum de coopération entre les acteurs du secteur postal. L’organisation remplit un rôle de conseil, de médiation et de liaison et fournit, s’il y a lieu, l’assistance technique. Elle fixe des règles pour les échanges de courrier international et formule des recommandations pour stimuler la croissance des volumes de courrier et améliorer la qualité du service offert aux clients. Source UPU]]) qui fédère les services postaux du monde entier. L’organisation, au travers de sa direction de la coopération au développement, assiste les pays en voie de développement – principalement les PMA (Pays les moins avancés) – et des pays dans des situations particulières dans le (re)déploiement de leur réseau.

Vive la poste !

Dans le cas du Liberia, l’UPU a dépêché un consultant dont le travail permettra « une évaluation financière des actions à mener en urgence et à moyen terme, ainsi que « la détermination d’un calendrier précis pour les réaliser », explique Abdelilah Boussetta, le directeur de la coopération au développement. Aussi, depuis le 9 août dernier, Gunter Boehm collecte des informations afin d’estimer « les besoins en termes d’établissement de bureaux de poste, d’acheminement et de distribution du courrier, d’équipements postaux, de réseau informatique et de formation des ressources humaines », poursuit le responsable de l’UPU. Ce rapport, qui sera rendu incessamment, devrait non seulement permettre au Liberia, selon M. Boussetta, de bénéficier du Fonds pour l’amélioration de la qualité de service (Faqs) de l’UPU, mais aussi de solliciter d’autres bailleurs de fonds.

A noter que le Faqs vient de financer « un projet d’amélioration de la collecte et de la distribution du courrier soumis par le Liberia, à hauteur de 40 000 dollars américains offerts par la Corée du Sud, qui devrait débuter en octobre », a indiqué Rhéal Leblanc, chargé de la communication à l’UPU. En attendant, les Libériens apprécient déjà, après le retour de l’eau et de l’électricité depuis quelques semaines, le plaisir d’acheter des timbres et d’envisager de poster des lettres que la mission des Nations Unies au Liberia, la Minul, s’est proposée d’acheminer dans les zones les plus inaccessibles du pays. Révolue donc, l’ère des facteurs improvisés – système « D » oblige – qui perdaient ou pire, lisaient votre courrier !