Libéria : la paranoïa anti-journalistes du président Taylor

Quatre membres d’une équipe produisant un documentaire pour la chaîne britannique Channel 4 ont été arrêtés par le gouvernement libérien pour délit d’espionnage.

David Barrie, britannique, Timothy Lambon, britannique, Gugulakhe Radebe, sud-africain et Sorious Samoura, sierra-léonais, sont les quatre journalistes détenus à l’heure actuelle à la prison centrale de Monrovia. Ils travaillaient pour la chaîne anglaise Channel 4. Ces derniers sont accusés par le gouvernement libérien d’espionnage.

Selon la radio britannique, la BBC, le Libéria leur reproche, en fait, d’avoir filmé des zones non fréquentées en vue de faire une mauvaise presse au pays et d’impliquer Charles Taylor, le président libérien, dans la contrebande de diamants.

L’équipe a été arrêtée vendredi dernier, après une journée de tournage du documentaire qu’il préparait pour Channel 4. La police libérienne a procédé à leur arrestation à leur hôtel de Monrovia. Le lundi suivant, leur mise en accusation était effective.

Le footballeur libérien Georges Weah participera à la médiation

Selon Jean-François Julliard, responsable du bureau Afrique de Reporters sans frontières on aurait fait couler sur eux de la cire de bougie pendant leur passage dans les bureaux des services de sécurité libériens. Mauvais traitements démentis par le ministre libérien de l’Information. Les autorités libériennes ont depuis pris les dispositions nécessaires pour que les journalistes ne soient plus déplacés de leur lieu actuel de détention.

Ces prisonniers reçoivent librement, après quelques visiteurs refoulés, des personnes autres que leurs avocats. Nelson Mandela et l’actuel président du Nigeria Olusegun Obasanjo sont intervenus auprès de Charles Taylor pour leur libération. Le footballeur libérien Georges Weah tentera aussi de plaider leur cause. Absurde ? Pas tant que ça.  » Dans tous les cas, sa forte popularité devrait servir les intérêts des journalistes  » a estimé Jean-François Julliard.