Lettre ouverte aux gouvernants d’Europe et d’Afrique

A quelques jours du sommet Europe-Afrique de Lisbonne, une douzaine d’écrivains, d’intellectuels, de Prix Nobel européens et africains fustigent la « lâcheté » de gouvernants qui n’osent se saisir des problèmes humanitaires graves qui affectent, par exemple, le Darfour et le Zimbabwe. Une prise de position salutaire relayée par Afrik.com.

Dans quelques jours, les chefs d’Etats d’Afrique et d’Europe se rencontreront au Portugal pour discuter de problématiques communes aux deux continents, dont les Histoires, pour le meilleur et pour le pire, se sont entrecroisées au fil des siècles. C’est une opportunité historique pour inaugurer une nouvelle ère fondée sur des valeurs partagées, et sur une amitié véritable, où l’on puisse se soutenir et apprendre l’un de l’autre.

Mais cela ne sera possible tant que le sommet évitera les discussions portant sur deux des plus graves crises humanitaires, celles du Zimbabwe et du Darfour. En dépit des responsabilités partagées de l’Europe et de l’Afrique dans le règlement de ces crises, aucune d’entre elles n’est portée à l’agenda du sommet. Aucun moment n’a été établi pour une discussion formelle ou informelle.

Que peut-on dire d’une telle lâcheté politique ? Nous demandons à nos gouvernants de gouverner, et de gouverner avec courage. Quand ils faillissent à le faire, ils nous laissent tous moralement appauvris. Quand ils éludent les difficultés, ils se rendent eux-même incompétents. Pourquoi devrions-nous entendre les puissants, alors qu’ils restent sourds aux cris des plus faibles ? Des millions d’Africains et d’Européens attendent que le Zimbabwe et le Darfour fassent partie des priorités de l’agenda. Il n’est pas trop tard.

Wole Soyinka, Mia Couto, Chimamanda Ngozi Adichie, Gillian Slovo, Ben Okri, Nadine Gordimer, John M Coetzee, Vaclav Havel, Günter Grass, Roddy Doyle, Tom Stoppard, Jose Gil, Colm Toibin, Jürgen Habermas