Lettre ouverte à Maître Abdoulaye Wade

Maître wade,

vous avez mené votre mission du mieux que vous avez pu. Vous nous avez aidés par votre charisme et votre panafricanisme, à redorer l’image du Sénégal.

Il s’avère aussi, malheureusement, que les contraintes des alliances politiques, les lourdes charges attachées aux fonctions de Président, les collaborateurs qu’on ne connaît pas bien, les trahisons, l’enrichissement personnel et autres tentations, ont définitivement dégradé le champ pourtant si fertile et prometteur. Si un morceau du terrain est désormais irrémédiablement perdu, une partie de la récolte peut encore être sauvée.

Afin de préserver du désastre, afin de pérenniser ce qui est encore bon et ce qui peut l’être encore, je vous demande tout bonnement de faire cesser, ici et maintenant, l’emprise du mal qui caractérise votre régime : la corruption, les affaires, les chantiers inutiles et à outrance, le clientélisme, le gaspillage de fonds publics, le déséquilibre social, etc. En bref, tout ce qui donne à notre jeunesse et à notre peuple un exemple déplorable sur tous les plans : politique, socio-économique et surtout éthique.

Merci Maître Wade ! Grâce à vous nous avons compris la leçon ! Nous savons désormais, tout ce qui ne doit, en aucun cas, être fait au sein d‘une vraie démocratie, tout ce qui doit être évité pour sauver le pays du désastre social et économique où il est désormais plongé.

Nous ne doutons pas que votre sens profond du bien de l’Etat et de la Nation, que votre profond amour du peuple sénégalais ne vous fera pas hésiter un instant et vous dictera la conduite à tenir. Merci, Maître Wade d’accepter d’un cœur généreux et conscient des réalités et des dangers actuels, de vous retirer avec brio, de laisser une nouvelle vague prendre la relève sous votre garde, sous votre patronage. Vous pourrez en effet, grâce au repos et à la distance que vous pourrez enfin prendre, servir encore et toujours la nation sénégalaise par votre expérience, car comme on le dit souvent au Sénégal, l’âge apporte sagesse et expérience et à cet égard, vous représentez désormais plus qu’une grande bibliothèque.

Je vous demande, nous vous demandons donc, Maître Wade, de partir la tête haute, et pour le bien du pays, dans le cadre d’une retraite active : en nous conseillant, en nous aidant à comprendre mieux cette mission qui fut la vôtre et à la mettre finalement en œuvre.

Maître Wade, j’espère que cette lettre vous parviendra. Ne m’en voulez guère de la faire publier par voie de presse mais je veux que tous puissent la lire et comprendre que je vous aurai, que nous vous aurons donné l’occasion de vous retirer en toute quiétude.

J’oubliais. Tout ceci n’a rien à voir avec la politique, il s’agit juste d’un conseil de petit-fils à Mame Deye Banekhou.

Sur ce, Maître Wade, je vous souhaite une bonne fin de règne.

Très respectueusement,

SAMBA KARA NDIAYE
President de la Nouvelle Alliance Democratique du Senegal
Nadems