Les violences sexuelles, arme de répression en Egypte

Selon la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), les violences sexuelles pratiquées par les forces de l’ordre égyptiennes contre les opposants et la société civile sont en hausse depuis la prise du pouvoir par l’armée, en 2013.

Dans un rapport accablant dévoilé mardi, la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) accuse la police et l’armée égyptiennes de commettre des violences, notamment sexuelles, contre les opposants politiques et la société civile, précisant que ces pratiques sont en hausse importante et inquiétante en Egypte depuis la prise du pouvoir par l’armée, en juillet 2013.

Le rapport accablant d’une trentaine de pages affirme que les violences sexuelles seraient devenues un « élément central de la répression » dans les commissariats et prisons, où les policiers et militaires violent en toute impunité. Avec un pic enregistré entre le 28 juin et le 7 juillet 2013, 186 femmes auraient été victimes de ces pratiques. Mais il n’y a pas que les femmes qui sont victimes, les opposants politiques, les proches des Frères musulmans et les homosexuels et transsexuels sont également ciblés.

Selon la FIDH, ces violences sexuelles qui suivent les arrestations, entrent dans le cadre de la répression pratiquée par le régime d’Abdel Fattah al-Sissi contre toute voix critique dans le but de réduire la société civile au silence. Ainsi, près de 40 000 arrestations ont été enregistrées, selon les ONG égyptiennes.

« La FIDH a documenté des cas de harcèlements sexuels, de viols anaux et vaginaux avec des objets lors de « tests de virginité », d’électrocution de parties génitales, ou encore de chantages sexuels perpétrés par la police ou du personnel de l’armée. Ces violences sont utilisées afin d’éliminer toute protestation publique, tout en légitimant les autorités comme garantes de l’ordre moral », dit le rapport.

L’organisation tient pour preuve le nombre de vidéos d’agressions circulant sur les réseaux sociaux. Mais elle met également en évidence que malgré les multiples plaintes déposées par les victimes, une seule a abouti à un procès médiatisé, qui a eu lieu au mois de juillet 2014, alors que sept hommes accusés de viol en réunion, durant la cérémonie de prise de fonction du Président al-Sissi, en juin 2014, place Tahrir, ont été condamnés. Aucun autre procès n’a eu lieu pour de tels crimes, malgré les plaintes déposées, et pas un agent des forces de sécurité n’a été jugé pour violence sexuelle.

La lutte contre les viols et agressions sexuelles était pourtant une promesse du général al-Sissi, devenu Président. 500 viols collectifs, en public, ont été recensés en Egypte entre 2011 et 2014. Al-Sissi avait reconnu l’urgence de ce problème, et promis l’égalité entre hommes et femmes dans la Constitution.