Les startups en Afrique : porte de sortie du chômage ?


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Les startups pullulent en Afrique depuis le début de l’année 2010. Du moins, cette appellation s’est de plus en plus répandue sur le continent à partir de cette époque. Est-ce à dire qu’il n’y en avait pas avant cette date et d’où vient ce besoin, manifestement vital, d’en créer de plus en plus ?

Qu’est-ce qu’une startup ?

Commençons d’abord par comprendre ce qu’est une startup. Le terme anglais « startup », traduit en anglais, signifie « jeune pousse ». Une startup est une entreprise en démarrage comme son nom l’indique. Plus précisément, la startup est une entrepriseentreprise à fort potentiel de croissance qui s’investie dans des projets innovants.

La spéculation sur sa future valeur financière est souvent de l’ordre du milliard. Ceci dit, il est de plus en plus courant de qualifier toute entreprise naissante de startup, or plusieurs parmi ces entreprises ne méritent pas cette appellation. Comment savoir qu’une nouvelle entreprise possède effectivement un fort taux de croissance sur le long terme et qu’elle n’est pas plutôt le rêve mal élaboré d’un jeune (ou vieux), fatigué de son train-train quotidien ? A cette question, point de réponses. Seul le temps permet de dire qu’une entreprise est effectivement une startup.

Le terme startup s’est popularisé à la fin des années 1990. Bien avant cela, certaines entreprises, profitant des progrès technologiques, avaient pu multiplier leur capital en s’inscrivant dans la continuité des spéculations constatées lors du scandale Marconi en 1912. A cette époque, les startups démarraient pour la plupart en tant que filiales d’entreprises pour la majorité dans le secteur technologique. Aujourd’hui, une startup n’a pas besoin d’être rattachée à une entreprise existante. Elle se crée et se développe par elle-même et selon la vision de son ou ses fondateurs.

Pourquoi les jeunes Africains se tournent-ils vers la création de startups ?

Vu les forts taux de chômage et de sous-emplois, de plus en plus de jeunes en Afrique se lancent dans l’entreprenariat. Il est évident que les Etats ne peuvent répondre au besoin d’emplois de la grande population constituée majoritairement de jeunes (60 % de moins de 24 ans selon les chiffres de l’agence française de développement. De plus, on se rend compte que le terrain africain est très peu exploré dans plusieurs domaines tels que la technologie, les sciences, les domaines de la construction et plusieurs autres. Il y a donc beaucoup à faire et de grands marchés à construire.

Plus qu’un besoin de s’enrichir, l’entreprenariat est une nécessité aujourd’hui en Afrique. La création de startups répond plus à un besoin communautaire de sécurité à une ère de plus en plus violente. En effet, créer une startup revient à donner de l’emploi, assurer le pain quotidien de familles entières, diminuer la criminalité et assurer par effet boule de neige le bien-être de tout un peuple.

Le constat dans les pays francophones d’Afrique reste tout de même quelque peu accablant. Ils sont souvent très loin derrières dans le classement des startups africaines. En réalité, ils ne font absolument pas partie de la concurrence et ne suscitent pas suffisamment d’intérêt pour les investisseurs internationaux qui semblent moins frileux quand il s’agit de ces pays. Il faut reconnaître que les pays anglophones ont vraiment su se faire une réputation indétrônable dans le domaine des affaires.

Tout le monde peut-il avoir une startup ?

Plusieurs personnes notamment des jeunes considèrent la création d’une startup comme la panacée au chômage. Si créer une entreprise est la base de l’autonomisation, il faut, cependant, préciser que la création et la gestion d’une entreprise nécessite une formation spécifique ou tout au moins, des connaissances dans le domaine de spécialité et dans la gestion en général.

De même, pour gérer des employés ou tenir une comptabilité, savoir étudier des marchés, répondre à un vrai problème de société, il faut y avoir été formé. Le business ou l’entrepreneuriat n’est pas de la magie. Il faut donc déconstruire cette idée d’entrepreneuriat comme porte de sortie « systématique » pour mieux l’expliquer de sorte que tous ceux qui s’y engagent sachent le vrai parcours du combattant qui les attend.

Quelques startups Africaines

Voici trois startups africaines qui ont su faire parler d’elles sur tout le continent.

Kobo360

Le Uber de camion au Nigeria est une entreprise qui entend révolutionner le secteur du transport en Afrique. Il dispose d’une plateforme qui met en relation des entreprises clientes et les propriétaires de camions en permettant aux premiers de suivre leurs marchandises en temps réel. Le dernier montant levé est de 7,2 millions de dollars.

In Touch

Elle est une startup basée au Sénégal spécialisée dans les opérations de paiement mobile ainsi que dans la micro-assurance. Déjà active sans 7 pays elle compte atteindre en tout 17 pays avant la fin de l’année 2019.

Exportunity

C’est une startup spécialisée dans le e-commerce qui a son siège en Île-Maurice. C’est une plateforme qui offre aux micro-entreprises, des espaces de vente et qui permet de procéder à la vérification de chaque transaction. L’entreprise a créé à cette fin l’application XportOn qui est déjà déployé en Côte d’Ivoire et au Bénin.

En 2018, les startups africaines ont levée plus d’un million de dollars d’investissement. Les pays en tête de ces exploits sont le Nigéria, l’Afrique du Sud et le Kenya. Ils capitalisaient à eux trois, jusqu’en 2014, plus de 80 % des investissements de tout le continent. Aujourd’hui, ils sont toujours en tête du classement, mais capitalisent 60 % des investissements, soit une diminution de 20 %. Cela laisse comprendre que de plus en plus de pays africains se positionnent sur le marché international en vrais concurrents et en startups viables.

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