Les routes de la mort du Burkina Faso

Les routes burkinabées ne sont pas sûres. Le nombre d’accidents s’est multiplié par quatre en cinq ans, celui des victimes par trois. Les autorités locales lancent plusieurs programmes de sensibilisation. La période des fêtes de fin d’année est propice à tous les dangers.

Trop de voitures à Ouagadougou. Les statistiques de la police sont éloquentes : une moyenne annuelle de plus de mille accidents de voiture dans la capitale. Soit près d’un véhicule sur vingt quatre est responsable ou victime d’un accident. Ouagadougou déplore une centaine de morts par an.  » Les automobilistes ne respectent pas le code de la route. Ils conduisent n’importe comment. Nous voulons surtout mobiliser les professions dont le véhicule est l’outil de travail « , souligne Maurice Gano, fonctionnaire au ministère du tourisme et du transport.

Ainsi, les chauffeurs de taxi et les conducteurs des camions-citernes ont participé à des formations spécifiques sur la conduite en ville et sur les consignes de sécurité.  » Il y a trop de voitures à Ouaga. On est obligé de suivre le rythme des chauffards. Comment voulez-vous travailler dans une ville avec 24 000 véhicules qui roulent à tombeau ouvert « , persifle Ahmadou, chauffeur dans une entreprise publique.

Toyota, mon amour

Les vieilles voitures japonaises, de marque Toyota pour la plupart, constituent l’essentiel du parc automobile burkinabé.  » Ici, les gens ne s’achètent que les voitures d’occasion. Il faut deux à trois ans de salaire pour s’offrir une Toyota d’occasion. Les voitures françaises sont hors de prix. Comme la loi interdit l’importation des véhicules d’occasion de marques françaises, il n’y a que les riches qui peuvent s’offrir de nouvelles voitures « , remarque Migmiani T’boureima, agent technique dans une entreprise de déménagement. Il économise pour actuellement pour s’offrir une Toyota Corolla pour près de cinq millions CFA.

La campagne n’est pas épargnée par le phénomène de l’insécurité routière. Le nombre d’accidents y a augmenté de près de 400 % depuis 1995. Les routes du Burkina ont tué plus de sept cents personnes cette année.