Les Routes Commerciales de la culture

Le Canada lance cette année un programme inédit d’envergure internationale, baptisé Routes Commerciales. Cette initiative doit permettre aux entreprises privées et publiques du monde entier de développer des marchés, d’échanger des produits, des services et des savoir-faire qui ont trait aux secteurs culturels. Philip Stone, directeur général pour le Commerce et l’Investissement au ministère du Patrimoine canadien, nous explique les motivations de cette initiative et les orientations choisies pour l’Afrique.

Un pont entre les cultures et les peuples. Le Forum canadien sur l’entreprise de la culture, qui se déroulera du 12 au 14 janvier prochain à Paris, se fera largement l’écho de la nouvelle initiative canadienne en matière de développement des industries culturelles appelée Routes Commerciales. Philip Stone, directeur général pour le Commerce et l’Investissement au ministère du Patrimoine canadien revient sur ce programme international et les liens que le Canada entretient avec l’Afrique.

Afrik : Comment le projet Routes Commerciales peut-il permettre à des entreprises culturelles de développer leurs marchés ?

Philip Stone :
Il s’agit d’une initiative de grande envergure qui permettra, à la différence des programmes traditionnels, à des entreprises privées de se rencontrer, d’échanger, d’exporter et donc de se développer. Nous voulons aider les entreprises à intégrer le marché mondial. Nous croyons que les échanges économiques permettent d’établir un pont entre les cultures mais aussi une entente entre les peuples. Nous avons d’ailleurs le soutien de l’UNESCO. Pour le Canada, qui ne compte que 30 millions d’habitants, Routes Commerciales est un projet qui permettra à son industrie culturelle, très dynamique, de trouver de nouveaux marchés aux Etats-Unis, en Europe, en Asie du Sud Est…

Afrik : Les pays du Sud et l’Afrique en particulier ont-ils leur place dans ce programme ?

Philip Stone :
Le but du projet Routes Commerciales est de permettre la promotion de la diversité culturelle dans le monde entier. Le Canada entretient depuis plusieurs années déjà des relations étroites avec le continent africain. On dénombre beaucoup de festivals culturels africains au Canada, comme le festival Vues d’Afrique à Montréal, et nous participons à la production de films en Afrique (par le biais notamment de la Bourse francophone, ndlr). L’Afrique n’est pas économiquement très porteuse, en effet, mais elle est culturellement riche. Le Canada peut lui apporter des conseils en matière de promotion culturelle. C’est un moyen de partager des expériences et, à la fois, d’identifier les besoins pour développer des marchés avec le continent.

Afrik : Quels sont les pays avec lesquels vous entretenez déjà de bonnes relations culturelles et commerciales ?

Philip Stone :
L’ancien gouvernement (formé par Jean Chrétien, ndlr) a développé de nombreux liens avec les pays d’Afrique en organisant des rencontres avec des entreprises de scène, d’audiovisuel ou de cinéma au Sénégal, au Cameroun, en Afrique du Sud, au Burkina Faso, au Maroc ou encore dernièrement en Algérie. Plusieurs traités de coproductions cinématographiques ont été signés, comme pour Madame Brouette, film sénégalo-franco-canadien. L’Agence canadienne de développement international appuie également le NEPAD dans le secteur de la nouvelle économie dans plusieurs pays d’Afrique (sommet de Kananaskis en 2002 sur le développement durable, l’accès à l’éducation et la réduction du fossé numérique en Afrique, ndlr).

Afrik : La présence de Mory Kanté au Forum canadien le 13 janvier montre votre volonté de promouvoir les cultures africaines. Y aura-t-il d’autres acteurs culturels africains ?

Philip Stone :
Mory Kanté est un chanteur de renommée internationale. Nous l’avons invité pour qu’il nous parle de sa vision de la diversité culturelle. Nous avons invité d’autres francophones d’Afrique à partager leurs expériences et leurs opportunités avec d’autres artistes venus d’ailleurs. Sur 500 acteurs culturels enregistrés, 25 viennent d’Afrique, 16 d’Afrique noire et 9 du Maghreb. La plupart sont des festivals de musique ou de cinéma.

Propos recueillis par Nathalie Rohmer

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 Le Canada défend la diversité culturelle

Liens utiles :

 Le site du Forum canadien sur l’entreprise de la culture

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