Les risques du changement climatique pour l’Afrique

Un rapport régional des Nations unies sur le changement climatique a prédit plus de faim, de maladies et de pénuries d’eau en Afrique, comme conséquences du réchauffement climatique.

Selon un rapport des Nations Unies transmis mercredi à la PANA à New York, « L’Afrique a besoin d’une aide d’urgence pour s’adapter au changement climatique et d’une action des pays industrialisés pour réduire fortement les émissions de gaz à effet de serre, si le continent et ses populations veulent pouvoir prospérer au 21ème siècle ». Ce rapport affirme que « l’accroissement constant des gaz à effet de serre fait planer sur 1,8 milliard de personnes en Afrique le risque de manquer d’eau au cours du siècle ».

Il indique que « même une hausse de température modeste peut entraîner des baisses du débit des écoulements d’eau dans les systèmes fluviaux équivalent à la perte d’une gros barrage par an ».

Il a également souligné que le tourisme en Afrique serait très affecté avec 25 à 40 pour cent des espèces animales des parcs nationaux d’Afrique sub-saharienne qui sont menacées.

Selon le rapport: « Les terres arides et semi-arides devraient voir leur superficie augmenter de huit pour cent avec des ramifications importantes pour les moyens de subsistance, l’éradication de la pauvreté et la réalisation et le maintien des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) ».

Le rapport rédigé par le Groupe de Travail 11 du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), indique également que la hausse du niveau de la mer, particulièrement le long de la côte est-africaine, va augmenter les inondations dans cette région.

Il a aussi prédit que le blé pourrait disparaître de l’Afrique d’ici 2080, tandis que les récoltes de soja en Egypte pourraient baisser de 30 pour cent d’ici 2050 « dans le cas du pire scénario » et la production de maïs devrait baisser de « manière importante » en Afrique australe.

Un coût financier et humain colossal

Le directeur du Programme des Nations unies pour l’Environnement (PNUE), Achim Steiner, co-fondateur du GIEC, a déclaré: « le rapport souligne l’énormité du coût pour l’Afrique d’un changement climatique incontrôlé ».

M. Steiner a décrit une situation où « les coûts sont proprement inacceptables pour les 800 millions de personnes vivant aujourd’hui et pour les générations futures ».

« C’est le continent qui est le moins responsable du changement climatique et c’est pourtant celui qui est le plus exposé, si les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas réduites », a-t-il souligné.

« Une certaine mesure de changement climatique est cependant une réalité avec laquelle le monde doit déjà vivre. Cette réalité nécessite d’apporter une assistance à l’Afrique pour qu’elle s’adapte. Ceci demande des investissements mais également la protection des économies contre le changement climatique maintenant et à l’avenir », a-t-il ajouté.

La question de l’eau

Le rapport a également souligné les effets du changement climatique sur la pluviométrie du continent, qui selon lui « devrait vraisemblablement décroître d’un cinquième le long de la côte méditerranéenne et devrait aussi baisser sur la côte du Nord du Sahara et de l’Afrique du Nord-Ouest ».

« Des baisses de la pluviométrie sont aussi prévues sur la plupart de l’Afrique australe, la région extrême-ouest étant celle où les pluies vont le plus baisser jusqu’à 40 pour cent de juin à août », a-t-il révélé.

Il indique qu’au contraire, l’Afrique tropicale et orientale pourraient connaître une hausse de la pluviométrie de sept pour cent.

Les conclusions du GIEC sur l’Afrique soulignent également que le changement climatique devrait aggraver les pénuries d’eau, les conditions météorologiques extrêmes, les problèmes de santé et les maladies et entraîner une baisse de la productivité.

En février, le premier rapport de l’ONU a conclu que plus de 90 pour cent du réchauffement global était causé par les activités humaines.

Les deux rapports publiés jusqu’ici font partie d’un document en quatre parties rédigé par 441 scientifiques, qui ont tenté d’expliquer comment le réchauffement climatique change la vie sur terre.