Les Parisiens solidaires des sit-inneurs du Bardo en Tunisie

Une centaine de citoyens résidant dans la capitale française se sont réunis ce vendredi 2 août sur la Place de la République en soutien aux sit-inneurs du Bardo (en Tunisie). Cette mobilisation baptisée « sit-in du départ » se veut apolitique, mais dénonce toutefois le pouvoir en place et le parti Ennahda responsable selon les organisateurs de la situation actuelle en Tunisie. D’où leur « tout sauf Ennahda ».

Nombreux Tunisiens de France, des Franco-tunisiens et amis de la Tunisie résidant à Paris ont pris d’assaut, vendredi 2 août, la place de la République, pour quatre heures de sit-in, en soutien aux mobilisations du Bardo, en Tunisie.
Alors que les sit-in du Bardo continuent, ces manifestants ont investi la place parisienne en « signe de solidarité aux martyrs qui continuent de tomber partout sur le territoire tunisien, et pour la volonté affichée par les jeunes Tunisiens », nous confie Sawssan, une des organisateurs parisiens. Le sit-in prévu initialement de 12 heures à 20 heures, a finalement commencé tardivement vers 18 heures, mais « peu importe, nous sommes là pour représenter l’union quand il s’agit de défendre notre peuple », murmure une jeune femme qui ne veut pas déranger l’assistance bien assidue. Ils réclament haut et fort la démission du gouvernement « incompétent » et la dissolution de l’Assemblée qui a faillit à sa mission. Avec l’organisation rapide de nouvelles élections.

Le Front de gauche s’invite

Tout s’est déroulé dans un climat calme comme le veut le principe du sit-in, jusqu’à ce que le Front de gauche, parti de l’opposition qui a perdu son leader Mohamed Brahmi (assassiné), hausse le ton, demandant plus d’actions et de réactions. Pourtant, Sawssan (organisatrice), nous a confié qu’ils luttaient pour la même cause. Mais vraisemblablement, pas avec les mêmes méthodes. Chantonnant « Ennahda tombera aujourd’hui », un des membres du front de gauche, brandissant un portrait du leader assassiné, nous confie qu’il n’y a pas de sortie de crise sans le départ des islamistes du pouvoir. Sawssan partages cette réflexion insistant sur le fait que, ça fait deux ans que ça dure, et bien que « la Tunisie ait été à l’origine des soulèvements du printemps arabe, beaucoup de choses restent à revoir ». L’Ennahda qui se dit favorable à un gouvernement de « coalition nationale » aurait une idée derrière la tête pour faire une telle proposition qui ne serait pas « sincère », selon les organisateurs de la Place de la République.
« On ne peut pas accepter qu’un parti politique qui devise la Tunisie continue de diriger l’Etat », ajoute la jeune femme.
Ce rassemblement, composé en grande partie par des jeunes gens, Tunisiens ou originaires de la Tunisie, manifeste le courage du peuple tunisien, en Tunisie comme partout dans le monde, et insiste sur la nécessité du « changement ».
Le nombre des sit-inneurs présents sur les parvis de la Place de République n’est pas négligeable, et a dégagé une maturité démocratique impressionnante, malgré le Front de gauche prêt à en découdre avec l’Ennahda et tout ceux qui oseraient se mettre à travers leur chemin. Les organisateurs ont promis de continuer les mobilisations, tant que la Tunisie ne sera pas sortie de cette crise politique.