Les mutins négocient à Lomé

Une délégation des rebelles ivoiriens s’est rendue dimanche à Lomé pour négocier avec le gouvernement de Laurent Gbagbo. Une force tampon ouest-africaine devrait être mise sur pied pour remplacer l’armée française. Et, pour la première fois, un officier supérieur se dévoile du côté des mutins.

C’est sous un soleil radieux que les mutins sont arrivés dans la capitale togolaise pour négocier avec le gouvernement ivoirien. C’est le ministre togolais des Affaires étrangères en personne, Koffi Panou, qui est venu les accueillir. Politiquement, les rebelles n’arrêtent pas d’engranger des victoires diplomatiques. Et leur délégation comprend pour la première fois un officier supérieur. Le colonel Michel Gueu, très proche de l’ancien chef de l’Etat, Robert Guéï, abattu le premier jour de l’insurrection, accompagne le médiatique adjudant Tuo Fozié et le sergent Chérif Ousmane. Commandant en second de la région de Bouaké, contrôlée par les insurgés, il est le premier officier supérieur connu de la rébellion.

Force tampon

Réunis à Abidjan samedi dernier, les ministres des Affaires étrangères et les chefs d’état-major de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont décidé d’envoyer une force tampon pour prendre le relais des soldats français. Composée d’environ 2 000 personnes, cette force d’interposition aura pour mission de contrôler le cessez-le-feu signé le 17 octobre dernier. Mais ce  » groupe de contrôle  » se heurte à des difficultés financières. Les Etats membres de la CEDEAO n’arrivent pas à boucler le dossier de financement. Les capitales occidentales seraient mises à contribution.

Le commandement de cette force d’interposition devait revenir au Sénégal. C’est du moins le souhait des autorités ivoiriennes et du Secrétaire général de la CEDEAO, Mohammed Chambas. Mais Dakar rechignerait à réunir plus de 300 hommes, alors que le médiateur ghanéen aimerait amener Abdoulaye Wade à y envoyer 650 soldats. Car c’est au pays qui enverrait le plus d’hommes que reviendrait le commandement militaire.

Les négociations entre les mutins et le gouvernement ivoirien commenceront ce mercredi à Lomé, sous l’égide du président Gnassingbé Eyadéma, coordonnateur de la médiation de la CEDEAO.