Les membres de l’Arche de Zoé condamnés à huit ans de prison

Le tribunal de Grande Instance de Créteil a requis, lundi, huit ans de prison à l’encontre des membres de l’Arche de Zoé. A l’occasion du verdict, le juge français en charge de cette affaire a officiellement mis hors de cause la justice tchadienne, en déclarant le jugement de la Cour criminelle de N’Djamena valable. Une décision qui a suscité la colère des proches des six humanitaires.

« C’est une mascarade ! », « c’est une honte ! », s’exclament les proches venus soutenir les bénévoles de l’Arche de Zoé. Le verdict vient de tomber pour les six membres de l’association française accusés de « tentative d’enlèvement d’enfants ». Le tribunal de Grande Instance de Créteil a condamné, lundi, les travailleurs humanitaires à huit ans de prison. « Pour nous, c’est une seconde condamnation », lance la sœur de Nadia Mérimi. A l’occasion du verdict, le juge a mis officiellement hors de cause la Cour criminelle de N’Djamena accusée par la défense de « déni de justice ». Une décision remise en cause par Mme Mérimi qui a déclaré que « la cour du Tchad avait mal fait son travail », ajoutant en s’adressant aux journalistes, les responsables, selon elle, de la tournure du procès, « que les médias pouvaient en témoigner ».

Le gouvernement français pointé du doigt

Interrogés sur le verdict, les avocats de la défense se disent prêts à faire appel sous dix jours. Tous rejettent la décision du juge et accusent le gouvernement français de ne pas avoir fait preuve d’équité dans cette affaire. « On a libéré trois journalistes dont une reporter de France 3 qui était liée à l’association française. Pourquoi ne pas faire la même chose pour les six membres de l’Arche de Zoé », s’exclame Maître Collard ajoutant que « le président Nicolas Sarkozy devait faire quelque chose ». Pour les avocats, « les humanitaires ont payé le prix d’un accord politique passé entre le président français et son homologue tchadien, le chef de l’Etat Idriss Déby Itno », ce qui relance la polémique autour de possibles accords conclus entre les deux hommes au sujet de cette affaire.

Le Collectif contre le vol d’enfants Africains très remonté

A la sortie de la salle d’audience, quelques échauffourées ont eu lieu avec les journalistes présents sur place. Ibrahim Alabi Oridota, reporter tchadien et porte-parole du collectif contre le vol d’enfants Africains (COVEA), a provoqué la colère des familles des condamnés en accusant les membres de l’Arche de Zoé « d’avoir participé à un réseau de pédophilie ». Il a ensuite pointé du doigt « les deux cerveaux de l’opération », Eric Breteau et Emilie Lelouch qui, selon lui, « ont fait preuve d’un manque d’humanité ». Pendant qu’à l’autre bout de la pièce, Mme Lelouch criait au scandale et demandait aux politiques de réagir.