Les mauvais payeurs de l’OUA

La majorité des pays membres de l’Organisation de l’unité africaine ne s’acquittent pas de leur cotisation. Une situation chronique qui grève dangereusement aujourd’hui le budget, donc le fonctionnement de l’instance panafricaine.

Les pays membres de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) ne sont pas très bons payeurs. Au 1er juin 2001, l’instance panafricaine traîne une ardoise de 14,6 millions de dollars d’arriérés dans les contributions nationales. Un trou dans son budget, au préjudice de son fonctionnement.

La situation n’est pas nouvelle. Et certains pays s’abstiennent même purement et simplement de passer à la caisse, comme la Somalie qui n’a, par exemple, jamais rien payé depuis 18 ans. Spectaculaire, mais ce cas n’est malheureusement pas isolé. On remarquera notamment les 9 ans d’arriérés de contribution pour la République démocratique du Congo, les 7 ans pour la Libye, ou encore les 5 ans pour le Maroc.

Une situation chronique jugée préoccupante par le secrétaire général sortant, Salim Ahmed Salim.  » les impayés constituent une sérieuse entrave au fonctionnement harmonieux « , devait-il déclarer à nos confrères de la Pana.

Seuls quatre pays à jour

Si les plus grosses contributions viennent des pays tels que l’Algérie, l’Egypte ou le Nigeria, seuls quatre pays sont actuellement à jour dans leurs paiements : le Botswana, la Gambie, l’Afrique du Sud et la Zambie.

En tête de la liste noire : la République démocratique du Congo, le plus gros débiteur de l’OUA avec 7,8 millions de dollars d’arriérés, suivie par la Somalie et le Soudan avec respectivement 4 et 2,6 millions de dollars d’arriérés.

Les caisses de l’organisation n’ont jamais regorgé d’or. Certes ; il existe bien des mesures de sanction à l’encontre des mauvais payeurs, mais au vu des maigres résultats enregistrés, il conviendrait de s’interroger sur leur réelle efficacité.

Le champ d’action de l’organisation se retrouve largement restreint à cause de ce manque de moyens. Et ce sont tous ses projets et programmes qui peuvent en pâtir. Sans argent pour exécuter des missions entérinées par l’assemblée générale, l’OUA risque malheureusement de léguer un bien pâle héritage à la toute jeune Union africaine.