Les Marocaines reprennent leurs droits sur le Net

Tout connaître sur les droits et les obligations de la femme au Maroc, c’est ce que propose le site de Fadéla Sebti, une avocate casablancaise. Une oeuvre utile et des re-découvertes parfois saisissantes.

Le site consacré aux droits de la femme musulmane au Maroc est sobre. Rien d’étonnant pour un portail juridique. Sa superbe créatrice, comme en témoigne la photo de Fadéla Sebti, est écrivain mais surtout avocate au barreau de Casablanca depuis 1983. C’est à la suite de la parution de son ouvrage Vivre musulmane au Maroc, guide des droits et obligations de la femme marocaine, en 1986, que 11 ans plus tard, le site est né. Il reprend entre autres les informations contenues dans le livre. L’internaute curieux a le choix entre trois chapitres.

Vulgariser le droit

Le premier,  » Code du statut personnel et des successions « , est une simple énumération des textes de loi et tient compte de la réforme de la Moudawana, nom marocain du Code, de 1993. Certains aspects du Code pénal en rapport avec le sujet y sont aussi abordés. Vous y apprendrez par exemple que selon l’article 418  » le meurtre, les blessures et les coups sont excusables s’ils sont commis par l’époux sur son épouse ainsi que sur le complice à l’instant où il les surprend en flagrant délit d’adultère « . Bien entendu, la réciproque n’est pas valable et comme le note, d’une manière plus générale, Fadéla Sebti :  » il est patent que lorsque l’on se trouve dans un système social fondé sur la structure familiale, et que cette structure familiale est basée sur l’infériorité juridique de la femme et de la mère, on se trouve en présence d’un système social discriminatoire, déséquilibré et déséquilibrant « .

Plus pratique, la seconde rubrique  » Guide des droits et obligations de la femme « , apporte des réponses à des questions précises sous forme de thèmes :  » abandon de famille « ,  » concubinage « ,  » prostitution  » ou encore  » contrat de mariage « .  » Mon but est de proposer un classement simple pour permettre une vulgarisation maximale de droits de la femme « , explique l’avocate. C’est vraisemblablement ce qu’ont déjà apprécié les 65 604 internautes qui ont visité le site. Enfin les publications de l’auteur ont également droit à leur chapitre. Les visiteurs pourront même, s’ils se posent des questions particulières, demander une consultation. Cela leur en coûtera néanmoins la modique somme de 1 000 DH (100 euros).

Mise à jour politique et technique

 » Mon site évolue en même temps que le Moudawana. Lorsque celle-ci a évolué en 1993, j’y ai porté les modifications. Mais depuis, rien n’avance. Le droit des femmes n’intéresse personne, il n’est clairement pas une priorité « , avoue Fadéla Sebti. Et cette dernière n’hésite pas à rappeler que le droit est un domaine intimement lié à la vie sociale et qu’il est anormal que la situation actuelle de la femme, compte tenu des évolutions, soit identique à celle du VIIème siècle. Alors à quand la prochaine mise à jour ?

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