Les Maliens s’apprêtent à élire leur président

Les présidentielles maliennes auront lieu dimanche prochain. Ils sont sept candidats à se présenter à ces élections. Amadou Toumani Touré, le président sortant et l’actuel président de l’Assemblée nationale Ibrahim Boubacar Keïta, sont les favoris de ce scrutin.

Les Maliens sont appelés à choisir leur nouveau président ce dimanche. Sept candidats en lice et deux favoris : Amadou Toumani Touré (ATT), le président sortant, et Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), le candidat du Rassemblement pour le Mali (RPM). Tiébilé Dramé, le président du Parti pour la renaissance nationale (Parena), Oumar Mariko du parti Solidarité africaine pour la démocratie et l’indépendance (Sadi), Mamadou Blaise Sangaré, président de la Convention sociale démocrate (CDS), Soumeylou Boubèye Maïga, président du mouvement  » Convergence 2007″ et Madiassa Maguiraga du Parti populaire pour le progrès (PPP) se retrouvent également dans cette course électorale. De même que la première femme à se présenter à une élection présidentielle au Mali, Sidibé Aminata Diallo, candidate du Rassemblement pour l’éducation à l’environnement et au développement durable (REDD). Les Maliens, dont le taux de participation aux élections est généralement faible – il dépasse rarement les 30% – retiendront surtout de cette campagne, où les moyens financiers ont fait toute la différence entre les candidats, l’absence de débat.

Un scrutin qui risque d’être sans grande surprise

Amadou Toumani Touré, 59 ans, brigue son deuxième mandat après avoir été élu, pour la première fois, en 2002. Le président sortant pourrait remporter ces élections dès le premier tour. Pourtant le bilan du quinquennat du « Soldat de la démocratie malienne », surnommé ainsi pour avoir renversé Moussa Traoré en 1991 et cédé 14 mois plus tard le pouvoir aux civils, est des plus mitigés. Notamment en matière de lutte contre la pauvreté et la corruption . Ce n’est d’ailleurs pas le seul grief auquel doit faire face ATT. Il aurait également, durant cette campagne, brisé le code de bonne conduite signé par les formations politiques fin 2006 pour un bon déroulement des élections. Ce pacte supposait, outre le fait de ne pas utiliser les ressources de l’Etat pour faire campagne, de ne pas user de pagnes et T-shirts comme outils de propagande. Une règle à laquelle ATT a dérogé : les supports concernés à son effigie circulent et se vendent à Bamako, la capitale malienne. Par ailleurs, le chef de l’Etat malien aurait utilisé les véhicules de l’armée pour transporter des militants de sa coalition, l’Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP) qui rassemble 44 partis.

La coalition de l’opposition, le Front pour la démocratie et la république (FDR) qui rassemble 16 partis d’opposition dont le RPM de l’actuel président de l’Assemblée nationale malienne, estiment, quant à elle, que ces élections ne seront pas transparentes. Mardi dernier, elle parlait même d’une « tentative manifeste de hold-up électoral ». Sur une population de plus de 12 millions, environ 6,9 millions d’électeurs inscrits sont appelés aux urnes. Les Maliens de la diaspora, auprès de qui l’ADP d’Amadou Toumani Touré s’est donné les moyens de faire campagne, ont été fortement impliqués dans cette élection. En France, ils seront 25 000 à voter dans 55 bureaux de vote répartis en région parisienne et dix autres en province.