Les maires, nouveaux griots de l’Afrique

François Milis a présenté le concours Harubuntu à Abuja

Faire des maires les porte-voix du dynamisme africain. C’est l’objectif de l’ONG belge Echos Communication, instigatrice du concours Harubuntu des porteurs d’espoir et créateurs de richesse africains. Objectif : contribuer à l’amélioration de l’image de l’Afrique en Europe. Cités et gouvernements locaux unis d’Afrique (CGLUA), l’organisation qui rassemble les collectivités locales africaines, est déjà partenaire de l’initiative.

Eternels assistés, les Africains ? Le concours Harubuntu, dont le but est de mettre en valeur les potentiels africains, veut changer la donne. Initié cette année par l’ONG belge Echos Communication, le concours s’est trouvé des ambassadeurs de choix : les responsables des collectivités locales africaines. Elles sont regroupées au sein de Cités et gouvernements locaux unis d’Afrique (CGLUA), partenaire du projet Harubuntu, ce qui signifie « ici il y a de la valeur » en kirundi, langue parlée au Burundi.

Pourquoi les organisateurs du concours misent sur les leaders locaux ? Moussa Demba Sow est un bon début d’explication. Le maire de Kaeda, ville située dans l’Est de Mauritanie, est un afro-optimiste objectif. Surtout quand il pense à l’un de ses compatriotes, celui qui a initié un concept original de recyclage des sacs plastiques dans son pays. « Les sacs plastiques pullulent dans nos quartiers et constituent un véritable fléau en matière d’insalubrité. L’idée a été de transformer les déchets collectés, souvent par des femmes contre rémunération, en rembourrage pour coussins. Des objets que les Mauritaniens affectionnent beaucoup quand il s’agit de décorer leurs salons ».
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Témoins privilégiés du dynamisme africain

Ce type de témoignages positifs sur l’Afrique, François Milis, le responsable d’Echos Communication, aimerait qu’ils se multiplient. Cependant, plus que la simple anecdote, François Milis compte sur les responsables locaux en tant que témoins privilégiés d’une Afrique en rupture, au quotidien, avec son image d’éternelle assistée. Il a profité de la récente assemblée générale du CGLUA à Abuja, au Nigeria, pour faire passer le message. Son souhait : impliquer davantage les collectivités locales dans le concours Harubuntu. La première édition du Concours des porteurs d’espoir et créateurs de richesse africains récompensera trois initiatives présentées par la société civile, un entrepreneur et une collectivité locale. A la clé : 10 000 euros pour chacun et une promotion à travers les médias partenaires de l’opération. François Milis a présenté le concours Harubuntu à Abuja

Pour pérenniser le concours Harubuntu, nul doute, selon Jean-Pierre Jean-Pierre Elong Mbassi, le secrétaire général du CGLUA, que les autorités locales relèveront le défi. Elles « sont prêtes à prendre leur part au changement de l’image d’une Afrique où tout semble en crise », souligne-t-il. « Les politiques de lutte contre la pauvreté ont créé un effet pernicieux sur les collectivités locales. Elles leur ont donné l’habitude de montrer leurs manques pour être éligibles à tous ces programmes. Aujourd’hui, elles sont prêtes à mettre en avant leurs potentialités et celles de leurs administrés. » La messe est dite.

La première édition du concours Harubuntu récompensera ses trois lauréats en novembre prochain à Bruxelles.

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