Les journalistes maliens marchent pour la sauvegarde de la liberté d’expression

Journée presse morte ce mardi au Mali. Les hommes et femmes de médias entendaient dénoncer les intimidations, les agressions et les violences dont les journalistes sont victimes depuis le coup d’Etat militaire du 22 mars. L’occasion pour les journalistes de remettre une déclaration aux autorités de la transition.

(De notre correspondant)

Intimidés, agressés, les journalistes maliens n’exercent plus leur métier dans la sérénité. Ils ont tenu à le faire savoir aux autorités maliennes. C’était ce mardi 17 juillet à l’ occasion d’une marche de protestation. Une marche de plus de deux heures, au cours de laquelle les journalistes, toutes tendances confondues, et leurs soutiens, notamment les responsables de plusieurs partis politiques et de la société civile, sont massivement sortis pour exprimer leur indignation et leur ras-le-bol face la situation d’insécurité qui menace la presse nationale.

En signe de solidarité à Saouti Labass Haidara, le cortège est parti à 9h30 du siège de L’indépendant, l’un des fleurons de la presse privée malienne. Saouti Labass Haidara, le directeur de publication de ce journal, a été sauvagement agressé par des inconnus armés, jeudi dernier. Les marcheurs ont ensuite convergé vers la primature pour remettre une déclaration au directeur de cabinet du Premier ministre Cheick Modibo Diarra.

Plus jamais ça

« Plus jamais ça », « Liberté de la presse au Mali », « Justice et démocratie », « Non à l’intimidation », « A bas les agresseurs », tels sont, entre autres, les slogans scandés par les manifestants.

Parmi eux, Abderahmane Keita, directeur de publication du journal L’Aurore. Ce patron de presse a lui aussi été molesté par des inconnus armés : « Je suis venu exprimer mon soutien à tous ceux qui ont été agressés. Je reste attaché à la liberté de la presse au Mali. Mais l’attitude des autorités m’inquiète car leurs réactions sont timides. Il faut qu’elles prennent toute leurs responsabilités en rassurant l’opinion publique pour que de tels actes ne se reproduisent plus. Mais apparemment, ils ne maitrisent pas la situation car des promesses ont déjà été faites dans ce sens », regrette-t-il. Pour Makan Koné, le président de la maison de la presse, « La liberté de la presse et la vie des journalistes maliens sont en danger ». Pour lui, « les journalistes sont agressés quotidiennement ». C’est pourquoi il a lancé un appel à l’union de tous les hommes et femmes de médias du pays. Cela afin de mener le combat pour la préservation de la liberté de la presse.

Selon M. Koné, les journalistes ne sont pas des bandits. Ils ne font que leur travail. « Si les journalistes n’ont aucune garantie dans l’exercice de la profession, chaque deux semaines des actions seront entreprises notamment des marches, des sit-in. Cela afin d’amener le gouvernement à prendre ses responsabilités ». Ainsi pour Makan Koné, le combat continue car les journalistes maliens sont déterminés à sauvegarder leur liberté d’expression.

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