Les journalistes africains : un statut économique difficile

Le journaliste africain, souvent entravé dans sa profession de diffuseur d’informations par le manque de liberté, souffre aussi, parfois, d’un manque de reconnaissance. Une situation qui peut se traduire dans sa rémunération. Un salaire souvent très variable, entre médias publics et médias privés.

Les journalistes africains connaissent souvent des conditions économiques difficiles comme en témoignent leur rémunération Une rémunération et une garantie de l’emploi plus souvent remises en cause dans les médias privés que dans les médias publics.

Au Ghana comme l’indique Kojo Larbi, membre du WAJA ( Association ouest-africaine des journalistes), les radios privées paient mieux les journalistes. Les salaires varient entre 1 200 000 et 600 000 cedes (1dollar américain vaut 7000 cedes). Une fourchette plus élevée que celle de la presse écrite : entre 900 000 et 300 000 cedes.

Si les médias privés paient souvent mieux que leurs homologues du public, ils n’offrent pourtant pas la sécurité du travail dont jouissent les journalistes qui y travaillent. La raison : les médias publics ont une assise financière que n’ont pas les acteurs du privé. Ces derniers sont souvent handicapés par la difficile collecte des recettes publicitaires nécessaires à leur survie.

Un fossé géant entre médias publics et médias privés

Au Mali, la situation est, en revanche, plus dramatique pour les journalistes du privé.  » Depuis 1991, le gouvernement malien ne recrute plus de fonctionnaires. Le chômage aidant, les étudiants diplômés se ruent vers le journalisme et dans les journaux privés qui se créent sans cesse dans le pays « , explique Ousmane Maiga, président de l’Union des journalistes du Mali.

 » Les journalistes maliens du privé travaillent vraiment dans des conditions difficiles. En plus de n’avoir pas reçu la formation adéquate pour exercer le métier de journaliste, ils sont généralement sous-payés, voire non rémunérés pour le travail qu’ils fournissent. « , indique Ousmane. Les conditions de travail qu’offre la presse publique malienne sont en comparaison paradisiaques. Les journalistes y obtiennent des salaires qui oscillent entre 40 et 60 000 FCA en début de carrière. Alors que la rémunération maximale dans le privé avoisine 50 000 FCFA, soit 500 FF et que le salaire moyen au Mali est de 150 FF. Il faut noter que les journalistes du public représentent une minorité favorisée…