Les IXes Jeux comme le Sommet de la Francophonie reportés

La neuvième édition des Jeux de la Francophonie, qui devait se tenir à Kinshasa du 23 juillet au 1er août 2021, a été reportée d’une année, à la demande des autorités congolaises. Les IXes Jeux devront se dérouler finalement du 19 au 28 aout 2022, comme indiqué dans le communiqué de presse du Comité international des Jeux de la Francophonie (CIJF) du 06 mai dernier.

Parmi les raisons évoquées par le gouvernement congolais pour motiver ce report, il y a notamment la pandémie de la COVID-19 qui ravage actuellement la quasi-totalité de la planète, mais aussi et surtout à cause du report des Jeux olympiques de Tokyo en juillet 2021, les dates de l’année qui coïncident avec celles initialement prévues pour les IXes Jeux.

Il en est de même d’ailleurs pour le Sommet de la Francophonie qui réunit les chefs d’État et de gouvernement membres tous les deux ans, notamment pour désigner le secrétaire général de l’Organisation. Initialement prévu pour les 12 et 13 décembre 2020 à Tunis, pour notamment célébrer le 50e anniversaire de la Francophonie, le XVIIIe Sommet vient d’être reporté et délocalisé à Djerba en 2021, pour les mêmes raisons liées à la pandémie de la COVID-19 évoquées ci-dessus.

Au-delà de cette pandémie de la COVID-19 qui est venue bousculer manifestement l’agenda de nombreuses manifestations sportives et culturelles internationales prévues depuis de longue date, la RDC, qui avait pris le train de ces Jeux en marche assez tard, n’a pas pu mettre les bouchées doubles et faire en sorte de rattraper le temps perdu.

Dans le communiqué de presse du CIJF, il est vivement recommandé à la RDC de poursuivre ses efforts dans les préparatifs afin de tenir les délais requis et garantir la tenue des IXes Jeux aux nouvelles dates proposées.

En effet, malgré un certain optimisme débordant exprimé par le comité national de pilotage des Jeux de la Francophonie (CNJF) lors de la dernière visite à Kinshasa, en janvier dernier, de la délégation de l’OIF, conduite par son Administratrice Catherine Cano, l’Organisation demeure toujours préoccupée par la lenteur des progrès réalisés dans les préparatifs des IXes Jeux, comme on peut le voir dans le communiqué de presse mentionné ci-dessus.

Et pourtant, le président Félix Tshisekedi, qui tient à redorer l’image de son pays et faire mieux entendre sa voix sur la scène mondiale et particulièrement au sein de l’espace francophone à la hauteur de son poids démographique, veut absolument organiser ces Jeux en RDC.

Lors de l’échange de vœux avec le corps diplomatique accrédité en RDC, Félix Tshisekedi a réitéré la volonté de son pays d’honorer son engagement d’organiser les IXes Jeux : « Mon gouvernement a pris la mesure de cet événement et prendra toutes les dispositions nécessaires pour le succès de cette grande fête. »

Mais sur le terrain, une chose est sûre, les préparatifs des Jeux accusent du retard lamentable et le comité national de pilotage est aux prises avec des défis importants à relever.

Au rythme où vont actuellement les choses, il allait de soi que même si la pandémie de la COVID-19 n’était pas venue chambouler l’agenda des événements sportifs internationaux, le report des IXes Jeux était quasiment une option envisageable.

Maintenant, si le gouvernement congolais veut réellement organiser les IXes Jeux de la Francophonie, s’il tient à bien faire les choses et à les faire sérieusement, il devra redoubler d’efforts pour accélérer les travaux de réhabilitation et de construction des infrastructures appropriées, susceptibles d’accueillir les différentes épreuves sportives, les concours culturels et les activités de développement des Jeux de la Francophonie.

Il devra notamment accélérer les travaux de construction d’un site d’hébergement sécuritaire qui offre une gamme de services devant accueillir plus ou moins 3 000 athlètes et artistes issus des 88 États et gouvernements membres, communément appelé « Village des Jeux de la Francophonie », notamment en consentant des ressources financières suffisantes en temps opportun et investir énormément du temps nécessaires pour son achèvement dans les délais requis.

À travers le monde, l’expérience montre que lorsqu’on attend jusqu’à la dernière minute pour débloquer les fonds nécessaires à l’exécution des travaux de construction des infrastructures, très souvent, le coût budgétaire explose considérablement.

Il est également important de constituer en bonne et due forme un Comité national des Jeux de la Francophonie (CNJF), tel que stipulent les Statuts du Comité international des Jeux de la Francophonie et Règles des Jeux de la Francophonie.

En principe, c’est le CNJF qui devrait être chargé de coordonner les activités quotidiennes de l’organisation, sous la direction bien entendu du Comité national de pilotage mis en place par le décret du Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba.

De plus, il ne suffit pas seulement d’organiser les jeux de la Francophonie à Kinshasa, mais il faut également donner la possibilité aux jeunes athlètes congolais de participer activement aux différentes épreuves sportives et culturelles, en organisant notamment des programmes d’entraînement spécifiques pour qu’ils soient compétitifs et capables de remporter les différentes médailles.

En effet, une participation massivement des athlètes congolais devrait manifestement susciter davantage l’appui et la mobilisation de la population locale en faveur des IXes Jeux sur son territoire et, plus encore, son engagement populaire indispensable non seulement en assistant massivement aux différentes compétitions, mais également en offrant sa disponibilité comme des bénévoles pour qu’ensemble avec le gouvernement, on puisse relever ce défi.

Il est toutefois important de souligner que l’organisation des Jeux de la Francophonie en RDC est le plus grand événement sportif international, sinon le premier de telle envergure, que le pays s’apprête à organiser.

Loin de pousser un ouf de soulagement à la suite du report d’un an qui donne au gouvernement congolais un peu de répit, celui-ci devra mettre à profit ce délai supplémentaire pour rattraper le retard dans l’organisation, la réhabilitation et la construction des infrastructures nécessaires pour appropriées accueillir dans des conditions séculaires les différentes compétitions épreuves sportives, les concours culturels et les activités de développement des Jeux de la Francophonie.

Isidore KWANDJA NGEMBO, Politologue