Les indépendantistes d’Anjouan plus que jamais divisés

Alors que Moroni, l’opposition comorienne et l’OUA cherchent un terrain d’entente, les indépendantistes anjouanais se déchirent. Plongeon dans une minestrone.

Au lendemain d’une déclaration optimiste des ministres d’Afrique australe sur la crise séparatiste aux Comores, la confusion règne sur l’île d’Anjouan. Selon l’Agence France Presse (AFP) les députés de l’ancienne Assemblée nationale, dissoute en octobre sur ordre du président d’Anjouan, le lieutenant-colonel Saïd Abeid Abdérémane, auraient annoncé à celui-ci que son mandat  » de chef de l’Etat prenait fin à compter du 1er janvier 2001 « .

Une information qu’aucune source officielle, ni à Moroni, ni à Anjouan, a voulu commenter pour le moment, sinon pour exhorter les journalistes à la prudence.  » Entre les anciens partisans de l’indépendance et les nouveaux, la situation est d’une complexité inouïe « , reconnaît une source diplomatique comorienne.

Carton jaune de l’OUA

Complexe, le mot est faible. L’île d’Anjouan avait déclaré son indépendance, le 3 août 1997. Deux ans plus tard, le général Azali Assoumani prenait le pouvoir à Moroni, capitale de l’archipel. Et engageait des négociations sous l’égide de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) qui a mis l’île rebelle sous embargo.

Après une première tentative de conciliation en avril 1999 (l’accord d’Antananarivo, rejeté par les indépendantistes), le colonel Azali et son  » homologue  » anjouanais Abeid Abdérémane, avaient engagé un rapprochement aboutissant à la  » déclaration de Fomboni « , le 26 août 2000, jetant les bases d’un  » Nouvel Ensemble Comorien  » agrégé autour de cinq piliers communs : la religion, la nation, la monnaie, les relations extérieures, la défense.

Problème : à peine les deux protagonistes principaux avaient-ils trouvé un premier terrain d’entente que celui-ci était dénoncé par l’opposition comorienne et, plus embêtant, le mentor du dialogue inter-comorien, l’OUA elle-même, refusait de lever l’embargo sur Anjouan.

Selon un récent rapport de l’organisation panafricaine, l’OUA étudiait la possibilité d’envoyer des émissaires dans l’archipel, en vue d’un  » soutien actif  » aux négociations entre le gouvernement et l’opposition. La mise à l’écart du  » président  » de l’île sécessionniste viendrait compliquer un peu plus la donne d’une partie déjà fort complexe. Pire, pour le régime du colonel Azali Assoumani, elle réduirait à néant la seule avancée dont il peut s’enorgueillir. Bel imbroglio en perspective !