Les impacts du « terrorisme américain » sur le Mali

Le Nord Mali représente une zone « à risque » depuis quelques années. Cela relève des conséquences immédiates des attentats du 11 septembre 2001 survenus aux États-Unis d’Amérique. Cet avis est partagé par la majorité de la classe politique malienne qui considère que les Américains sont responsables du développement du terrorisme dans la zone à travers le renforcement de leurs mesures de sécurité qui a entrainé une augmentation de la pauvreté.

Les Américains veulent manipuler le monde entier. « Le Nord Mali est envahi par eux et les Européens pour avoir la main mise sur notre pays. Et ils nous font croire que c’est pour instaurer la sécurité » tonne Oumar Mariko, opposant malien et membre de l’Assemblée nationale.

Les Maliens seraient-ils en quête d’identité entre islam et extrémisme ? Non, à coup sûr! Selon Modibo Sangaré, président de l’Union nationale pour le renouveau (UNPR), un des partis politiques d’opposition du Mali, « Ceux qui le disent ne connaissent pas le Mali. L’Islam pratiqué au Mali a toujours été tolérant. Si des impacts du 11 septembre sont ressentis au Mali, cela ne peut être que dans le cadre d’une logique sécuritaire, parce qu’à un moment donné, les autorités ont renforcé le dispositif sécuritaire autour des ambassades d’Etats-Unis. »

La machine du terrorisme est de plus en plus présente au Sahara (Mali, Niger …). De 2001 à aujourd’hui, le Nord malien a enregistré des échecs dans différents domaines qui faisaient la vie de cette société, « le Nord du Mali ressent directement les conséquences de ces attentats. Les touristes ont déserté la zone, l’hôtellerie et la restauration ne marchent plus » explique Hameye Founè Mahalmadane, président du Syndicat libre de la magistrature, originaire du Nord Mali. La jeunesse du Nord est mise en cause après les enlèvements de touristes occidentaux pour la cause d’Al Qaïda. Selon Madame Sy Kadiatou Sow, ancienne ministre du Mali, « au lendemain des attentats du 11 septembre, les occidentaux se sont montrés obsédés par la question de sécurité. Du coup, le développement a été relégué au second plan. Et c’est la pauvreté qui pousse aux extrémismes de tous bords, c’est à cela que nous assistons. Il ne faut pas confondre Islam et terrorisme. »

Au final, le 11 septembre 2001 a eu pour conséquence première de développer la pauvreté dans le Nord Mali, entraînant ainsi toute une frange de la population dans l’extrémisme. La jeunesse malienne représente une frange à conquérir par certains idéaux, « pour moi, le 11 septembre, c’est une grosse machine conduite par les Occidentaux. Ils l’ont provoqué. Cet événement n’a pas un impact direct sur les jeunes Maliens. Seulement, comme beaucoup de pays d’Afrique, le Mali n’a pas échappé à la nébuleuse » témoigne Amadou Lamine Diallo, jeune homme d’une vingtaine d’années, militant du parti d’opposition SADI (solidarité africaine pour la démocratie et l’indépendance). « Ce n’est pas parce que les attentats ont eu lieu aux Etats-Unis que les Maliens vont renoncer à l’émigration. Ce n’est pas ce qui fait reculer la jeunesse malienne. Il y a un véritable problème de survie qui se pose ici en milieu jeune et chacun veut le meilleur pour soi, quitte à s’exiler » ajoute-t-il.