Les homosexuels dénoncent le climat homophobe qui prévaut en Afrique

La première conférence panafricaine de la Fédération internationale gay et lesbienne s’est achevée mardi à Johannesburg (Afrique du Sud). Lors de cette rencontre, des militants se sont plaints des politiques du continent qui, selon eux, favorise « institutionnellement une culture de haine » contre les gays et lesbiennes.

Les militants gays et lesbiens en ont assez des politiques homophobes. Ils n’ont pas manqué de le faire savoir lors de la première conférence panafricaine de la Fédération internationale gay et lesbienne (Ilga), qui s’est déroulée du 5 au 8 mai à Johannesburg (Afrique du Sud). D’après le rapport « Homophobie d’Etat en Afrique » de l’Ilga, lancé lors de la rencontre, sur les 85 pays membres des Nations Unies où l’homosexualité est interdite, 38 sont africains.

Le rapport constate que « bien que beaucoup de ces pays (…) n’appliquent pas systématiquement ces lois, leur seule existence renforce une culture dans laquelle une forte proportion de citoyens se cachent du reste de la population par appréhension ». Le document ajoute que ces législations favorisent, selon ses auteurs, « une culture où la haine et la violence sont en quelque sorte justifiées par l’Etat et forcent des gens à se réfugier dans l’invisibilité ou à nier leur véritable identité ».

Projet de loi contre les relations homos au Rwanda

Un climat délétère qu’a dénoncé Rowland Jide Macauley, un prêtre nigerian qui a créé une église accueillant des homosexuels. Revenant sur les discriminations à l’emploi ou au logement, il assure que des « gens subissent des attaques (…) des injures homophobes ». Dans son pays, l’homosexualité est passible d’emprisonnement dans le Sud, chrétien, et de lapidation à mort dans le Nord, régit par la loi islamique. La situation pourrait empirer si un projet de loi très répressif est voté, une éventualité qui semble s’éloigner avec les dernières élections.

La condition des homosexuels pourrait aussi changer au Rwanda. Une révision du code pénal prévoit en effet d’interdire les relations sexuelles. « Sera puni d’un emprisonnement de six mois quiconque aura commis un acte impudique et contre nature avec un individu de son sexe ou un animal », indique le projet de loi. Une disposition que la Commission internationale des droits humains des gays et des lesbiennes s’était empressée de regretter.

L’Afrique du Sud est le seul pays où la constitution protège les droits des homosexuels. Ces derniers ont d’ailleurs obtenu le droit de se marier le 30 novembre dernier. Cependant, tout n’est pas toujours rose dans la nation arc-en-ciel : les gays et lesbiennes font parfois l’objet d’agressions en raison de leur orientation sexuelle.