Les Etats-Unis somment Kigali de ne plus soutenir les rebelles du M23

Les Etats-Unis ont ouvertement appelé mardi Kigali, à mettre fin à son soutien aux rebelles du M23 qui sévissent dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Le Rwanda et l’Ouganda sont régulièrement accusés par l’Onu et de multiples ONG d’armer cette rébellion qui sème la terreur et la mort dans le pays.

Les Etats-Unis ont sommé mardi Kigali de mettre fin à son soutien aux rebelles du M23. Cette milice armée sème la terreur et la mort dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) depuis de nombreuses années. « Nous exigeons que le Rwanda mette immédiatement fin à toute forme d’aide au M23 et retire son personnel militaire de l’est de la RDC », a déclaré la porte-parole du département d’Etat américain, Jen Psaki, sans préciser si le Président rwandais, Paul Kagame, était lui-même impliqué.

Rapport accablant

Un haussement de ton, selon Jen Psaki, qui survient suite au rapport rendu public mardi par l’organisation de défense des Droits de l’Homme Human Rights Watch (RHW) qui affirme avoir de nouvelles preuves du soutien de Kigali à la rébellion du M23. Dans son rapport, l’organisation a révélé que les rebelles du M23 ont mené depuis mars 2013 des exécutions sommaires, et violé de nombreuses femmes, recrutant de force des enfants pour agrandir leurs rangs. « Non seulement le Rwanda permet au M23 de se procurer des recrues et de l’équipement sur son territoire, mais les militaires rwandais continuent d’apporter un soutien direct à ce groupe qui commet des exactions », a affirmé Daniel Bekele, Directeur de la division Afrique à Human Rights Watch. « Ce soutien renforce un groupe armé qui est responsable de nombreux meurtres, viols et autres crimes graves », a-t-il souligné.

Kigali épinglé par l’Onu

Ce n’est pas la première que Kigali est accusé de prêter main forte à la rébellion en lui fournissant, munitions, armes, nourriture, renseignements… Après avoir mené une enquête, des experts de l’Onu ont aussi confirmé le soutien du régime de Paul Kagamé au M23. Mais ce dernier a toujours rejeté ces allégations.

Déjà, lors de sa visite début juillet en Tanzanie, à Dar es Salaam, dans le cadre de sa tournée africaine, le Président américain, Barack Obama, avait appelé les pays frontaliers de la RDC, sans toutefois les citer, à cesser de soutenir les milices armées qui y sévissent, selon Radio Okapi. Il avait également demandé au Président Joseph Kabila de « faire plus et mieux » pour réformer les forces de sécurité du pays. « Les pays entourant le Congo doivent prendre l’engagement de cesser de soutenir les groupes armés », sévissant en RDC, a déclaré le chef d’Etat américain, lors d’une conférence de presse dans la capitale économique tanzanienne.