Les Etats-Unis renouvellent leur soutien à Ellen Johnson Sirleaf

La Secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, s’est entretenue avec la présidente du Liberia, Ellen Johnson Sirleaf, jeudi, à Monrovia, la capitale libérienne où elle est arrivée en provenance du Nigeria. L’occasion pour elle de lui renouveler le soutien des Etats-Unis. Vendredi, Hillary Clinton terminera sa tournée africaine au Cap Vert.

C’était l’avant dernière étape de son marathon africain de onze jours, entamé au Kenya. Hillary Clinton a passé la journée du Jeudi au Liberia, où elle a pu s’entretenir avec la présidente Ellen Johnson Sirleaf, seule femme chef d’Etat de l’Afrique, élue fin 2005. Comme au Nigeria où elle était la veille, la Secrétaire d’Etat américaine a mis l’accent sur la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption. D’autre part, elle a fait le point avec la présidente libérienne sur les efforts qu’elle a entrepris pour redresser son pays, qui a connu une longue guerre civile. Pour Hillary Clinton, un bout de chemin a déjà été parcouru. « Aujourd’hui le Liberia est un modèle de transition réussie de la guerre à l’après-guerre, de l’anarchie à la démocratie, du désespoir à l’espérance (…). Nous apportons notre soutien et nous continuerons à le faire parce que nous pensons que le Liberia est sur la bonne voie, aussi difficile que le chemin puisse être » a-t-elle déclaré, peu après sa rencontre avec Ellen Jonson Sirleaf.

Des liens historiques étroits et un soutien indéffectible

Le Liberia est situé dans le golfe de Guinée, une région stratégique pour l’approvisionnement des Etats-Unis en pétrole. Mais peu d’intérêts économiques lient les deux pays. Même la marque de pneus Firestone, qui importait jadis sa matière première du Liberia, est passée aux mains des Japonais. Entre les Etats-Unis et le Liberia, les rapports sont plus affectifs. Ce sont d’anciens esclaves emmenés par la Société de colonisation américaine (American colonisation society) qui ont crée ce petit Etat en 1822. Il est devenu indépendant en 1847. Bien que minoritaires, ce sont ces Libériens-américains qui vont continuellement le diriger, ce qui génèrera des tensions avec les autochtones majoritaires.

Un coup d’Etat sanglant vient en 1980 interrompre cette hégémonie, et porte Samuel Doe, un Africain, au pouvoir. Mais neuf ans plus tard, le chef de guerre Charles Taylor lance une rébellion qui plonge le pays dans la guerre civile pendant quatorze ans et coûte la vie à 300 000 personnes. Charles Taylor est actuellement jugé aux Pays-Bas, par un tribunal spécial, pour les crimes (meurtres, viols, enrôlement d’enfants soldats…) commis de 1991 à 2001 durant la guerre civile en Sierra Leone, pays voisin du Liberia. Ellen Jonson Sirleaf elle-même a été mise sur la sellette en juin dernier, par la Commission Vérité et réconciliation. Laquelle la soupçonne d’avoir participé au financement de la rébellion de Charles Taylor. Toutefois, Hillary Clinton a vu en elle la femme qui a contribué à ranimer l’économie libérienne, ravagée par la guerre civile. Les Etats-Unis entendent donc continuer à l’appuyer. Washington a déjà dépensé près de deux milliards de dollars au Liberia, dans la restructuration de l’armée et de la police.

La Secrétaire d’Etat américaine terminera vendredi à Praia, au Cap Vert, sa tournée africaine qui l’a conduite au Kenya, en Afrique du Sud, en Angola, en République démocratique du Congo et au Nigéria.