Les Etalons sont en colère

Les joueurs de l’équipe nationale de football du Burkina Faso, les Etalons, ont reçu un sévère blâme de leur fédération et les deux entraîneurs ont été remerciés. A l’origine de ces sanctions, des primes de match non payées.

Rififi chez les Etalons. Rien ne va plus chez les Etalons du Burkina Faso. La Fédération burkinabè de football (FBF) a limogé les deux entraîneurs et s’est contentée d’infliger un blâme collectif pour les joueurs de l’équipe nationale. Pourtant, ce sont bien ces derniers qui avaient décidé de ne pas se rendre à Harare le 1er juillet dernier pour protester contre le non-paiement des primes de match face à l’Afrique du Sud. Les Etalons ont refusé de monter à bord de l’avion spécialement affrété pour leur dernier match contre les Warriors du Zimbabwe, pour les éliminatoires de la Coupe du monde, à cause des retards incessants de leurs primes.

Explications télévisées

L’affaire a créé un grand émoi au Burkina où le football est considéré comme une affaire sérieuse. Les Etalons ont menacé de ne pas participer à la prochaine Coupe d’Afrique des nations (CAN) qui se tiendra au Mali du 19 janvier au 10 février 2002. Mais devant la décision de la Fédération burkinabè de football, les joueurs se sont rangés aux côtés de leurs entraîneurs, alimentant ainsi la polémique. Pour réconcilier toutes les parties et apaiser une population irritée par cette querelle, la télévision nationale a lancé l’idée d’un débat télévisé.

Le président de la FBF, le lieutenant-colonel Honoré Nabéré Traoré, en envoyant ses délégués à la télévision, voulait calmer la situation. Mais son représentant n’a pas su trouver les mots pour convaincre le public. Les entraîneurs et les joueurs ont mis les téléspectateurs de leur côté. Cependant, cette émission tant attendue par les belligérants n’a pas réglé le problème sur la participation ou la non-participation des Etalons à la prochaine CAN.

En décidant de ne pas renouveler le contrat du staff technique qui expire le 31 octobre prochain, le lieutenant-colonel Honoré Traoré prend le risque de déstabiliser une équipe déjà très fragile. Les Etalons revendiquent le maintien des actuels entraîneurs. A la Fédération, on laisse entendre prudemment que les portes de la négociation restent ouvertes.