Les entrepreneurs algériens veulent s’unir contre les Chinois

Le colossal projet de réalisation d’un million de logements d’ici l’horizon 2009 n’arrête pas de susciter encore des « convoitises » et de provoquer le mécontentement des opérateurs locaux qui voient d’un très mauvais oeil «l’accaparement» des chantiers par les entreprises étrangères et les grandes sociétés publiques.

L’Association générale des entrepreneurs algériens (AGEA) n’hésite pas à pointer du doigt le nouveau code des marchés qui régit le secteur du bâtiment et qui favoriserait d’après elle les entreprises étrangères au détriment des nationaux. L’argument est de taille, estime le président de cette association qui englobe à elle seule plus de 400 entreprises privées du bâtiment. «Le nouveau code des marchés n°02/250 du 24/07/2002 est en tarin de tuer à petit feu la PME algérienne relevant du BTPH », a indiqué hier le président de l’AGEA, M. Mouloud Kheloufi, en soulignant que « tout a été pensé pour écarter les entreprises locales dans la réalisation des logements et autres infrastructures de base à travers le pays». Le plus grand «écueil», estime encore ce responsable, c’est les avis d’appels d’offres qui semblent être destinés uniquement aux grandes entreprises (publiques algériennes ou étrangères) vu la consistance et la taille de chaque projet.

«L’entreprise (privée) ne peut pas réaliser seule de tels projets qui nécessitent des moyens énormes », se cabre le président de l’AGEA, ce qui fait, argumente-t-il, que les projets sont toujours confiés après ouverture des plis à des « colosses » qui se constituent de surcroît en consortiums très puissants.

Les entreprises du bâtiment menacées

Partant du constat que 60% du tissu de la petite et moyenne entreprises est issu du secteur du bâtiment, le patron de cette association n’est pas optimiste quant à l’avenir de ces entreprises qui ont, dit-il, reconstruit le pays dans les pires moments de son existence. Cet avis n’est pas partagé par un responsable au ministère de l’Habitat qui a brandi pour sa part l’impérative nécessité de finaliser le programme présidentiel à la date fixée par le chef de l’Etat. Sans le dire explicitement, ce responsable qui a voulu rester dans l’anonymat, pense que les entreprises locales sont loin, très loin des performances des Chinois par exemple.

A son tour, le président de l’AGEA un peu « excédé » par la réflexion de ce responsable dira que si les entreprises privées algériennes facturaient comme les Chinois, à savoir de 25 à 30.000 DA le mètre cube du béton, les infrastructures et les bâtiments pousseraient en Algérie comme des champignons. D’après lui, il existe certes un manque terrible en matière de main-d’oeuvre qualifiée dans le secteur du BTPH, mais on apprend, dit-il, très vite quand on est bien rémunéré. Pour faire face à la concurrence étrangère et aux grandes entreprises publiques, l’Association générale des entrepreneurs algériens appelle toutes les entreprises du secteur privé du BTPH à se constituer en « groupement » et se propose même de coordonner et de parrainer cette nouvelle orientation.

Z. Mehdaoui, pour Le Quotidien d’Oran