Les enfants et les diamants

Les rebelles déposent les armes lentement. Prudemment. La paix demeure précaire. Les rebelles, terme inapproprié pour des enfants embrigadés de force par des chefs de guerre légèrement plus âgés qu’eux. Une fois la paix revenue, même fragilement, ces enfants ont perdu le chemin de l’école. Leur réinsertion est assujettie à des programmes nationaux et internationaux en faillite, les aides financières ayant tari. Que faire de ces enfants et de leurs chefs ? La situation risque de se détériorer plus encore avec le retour des réfugiés de la Guinée et du Liberia. Cocktail explosif.

Le Front révolutionnaire uni (RUF) commence à élever de la voix. La sécurité et la paix ont déçu les dirigeants du mouvement rebelle qui espéraient être représentés au pouvoir. Par défi, il exige la libération de son leader, Foday Sankoh.

L’ONU tire la sonnette d’alarme et menace d’étendre son embargo contre la Sierra Leone. Malgré leurs promesses, le RUF et le gouvernement continuent d’extraire illégalement les pierres précieuses. Or, le diamant, loin de faire le bonheur des Sierra-léonais, a contribué à aiguiser les ambitions des dirigeants. Et à prolonger indéfiniment la guerre.

Les Etats-Unis ont inclus jeudi dernier dans leur nouvelle liste noire, liste d’exclusion terroriste, créée au lendemain du 11 septembre, le RUF. En clair, ils se donnent les moyens juridiques pour extrader les Sierra-léonais, soupçonnés d’appartenir au RUF, et leur refuser l’entrée sur le sol américain. La guerre des diamants risque de durer longtemps tant que les enfants-soldats ne trouvent pas leur place dans une société qui les a oubliés.