Les élections présidentielles en Tunisie : le point

Suite au décès du président sortant Béji Caïd Essebsi, le 25 juillet 2019, le président de l’Assemblée tunisienne, Mohammed Ennaceur, assure l’intérim à la Présidence. Initialement prévues pour le 17 novembre 2019, les élections présidentielles ont été avancées au 15 septembre 2019. Cependant le 1er tour des élections présidentielles tunisiennes connait un paradoxe : beaucoup de candidats et peu de favoris.

La Tunisie organise pour la deuxième fois des élections présidentielles au suffrage direct depuis la révolution de 2011 et la chute de Ben Ali. Pour la démocratie tunisienne encore naissante, près de cent candidats ont déposé leur dossier pour briguer la Présidence, mais seulement 26 ont été retenus pour participer à la course menant au palais de Carthage. Jusqu’à aujourd’hui, le peuple semble cependant indécis et peu de candidats suscitent un réel intérêt. Mais qui sera alors capable de diriger la Tunisie et son régime hybride, mélange d’un système présidentiel et parlementaire ? Et qui portera haut et fort la voix de ce pays d’Afrique du nord sur la scène internationale ?

Selon des sondages, le candidat favori aux élections présidentielles était Nabil Karoui, mais il a été arrêté le vendredi 23 août 2019 alors qu’il rentrait de l’inauguration d’un local de son parti dans le nord-est du pays. L’homme d’affaire de 56 ans a été intercepté par la police dans le cadre d’une enquête pour blanchiment d’argent. Et même si le président de l’Instance Supérieure indépendante pour les élections (ISE) affirme que Nabil Karoui demeure un candidat à la Présidence tant qu’il n’est pas condamné, on l’imagine mal quitter la prison pour le palais de Carthage.

Désormais, il reste deux candidats supposés favoris des sondages. En occurrence Abir Moussi et Abdelkrim Zbidi. Abir Moussi âgée de 44 ans, ancienne avocate de Ben Ali, qui est la candidate du Parti Destourien Libre (PDL). Quant à Abdelkrim Zbidi ministre de la Défense et médecin de formation, âgé de 69 ans, il jouit du soutien de partis laïcs tel que Nidaa Tounes ou Afek Tounes et il se présente en tant que candidat indépendant. A noter aussi la candidature du chef du gouvernement tunisien, Youssef Chahed, qui a annoncé avoir renoncé à sa nationalité française avant le dépôt de sa candidature pour respecter la Constitution tunisienne. Enfin, pour la première fois, un candidat, Mounir Baatour, affiche ouvertement son homosexualité dans un pays ou cela est encore pénalement répréhensible.