Les déboires de l’électricité kenyanne

Le Kenya connaît actuellement un déficit de production électrique de 360 mégawatts. Un plan de rationnement permet de planifier les coupures de courant. Le prêt de générateurs mobiles diesel permettrait de réduire les dommages sur l’économie.

La crise de la production électrique au Kenya se manifeste de plusieurs façons plus ou moins dramatiques, dans tous les domaines de la vie courante. Il peut s’agir, par exemple, de la possibilité de continuer à boire de l’eau potable: les détenteurs de bouilloires électriques se voient dans l’obligation de changer d’ustensiles et de se fournir en gaz ou kérosène alors que les premières pénuries apparaissent.

Au niveau de l’activité économique, de nombreux secteurs industriels gros consommateurs d’énergie électrique se livrent à de difficiles contorsions afin de conjuguer les plages horaires d’alimentation en électricité avec la création d’équipes de travail maximisant ces accès.

Le plan de rationnement ne suffisant évidemment pas à pallier les carences, les entrepreneurs sont aussi soumis aux impératifs bancaires qui doivent être renégociés après des emprunts nécessaires à la modernisation de leur équipement.

Retour de la confiance

Au niveau international aussi les compromis atteints semblent assez complexes. Le fonds pour le développement économique de l’Aga khan (AKFER) et Cinergy Corp se sont massivement engagés dans la construction de Kipevu II, ce qui constitue un des premiers plans d’investissement privé concernant la production électrique sans garantie gouvernementale.

La confiance semble ainsi renouvelée dans l’économie du pays, malgré les perspectives de famine et les effets des coupures de courant. Elle semble même renforcée par l’attitude du Fonds monétaire international (FMI) qui examine les réformes économiques du Kenya dans un futur proche afin d’établir un calendrier d’aides financières sur trois ans.

La Banque mondiale quant à elle, a envoyé Joel Manweni, son spécialiste du bureau à l’énergie afin d’examiner avec le ministre kényan des Finances, Chris Okémo, les conditions techniques et financières qui permettront de résoudre la pénurie d’électricité.