Les compagnies aériennes face à la guerre en Irak

Les compagnies aériennes africaines s’inquiètent de la prochaine et inévitable hausse du prix du carburant, première conséquence de la guerre en Irak. Pour amortir le choc, les membres du Conseil permanent des transporteurs africains semblent être prêts à se serrer les coudes.

La guerre en Irak et ses conséquences planent dangereusement sur les transporteurs aériens africains. Le Conseil permanent des transporteurs africains (CPTA), créé en novembre 2002 et rassemblant six compagnies aériennes, a fait part de ses inquiétudes lors d’une réunion à Ouagadougou le 27 mars dernier. En janvier déjà, Mamady Sanoh, président du conseil d’administration d’Air Burkina et président du CPTA, avait averti :  » Le conflit américano-irakien risque de nous voir subir un nouveau choc pétrolier, à l’instar de celui la Guerre du Golfe qui a compromis l’avenir de bien des compagnies « . Ses prévisions risquent de se révéler justes.

 » Pour l’instant, nous ne subissons pas encore les conséquences de cette guerre mais il va y en avoir et nous sommes sur le qui-vive bien que sereins « , explique M. Diop, chargé de la communication d’Air Sénégal International (Asi), compagnie faisant partie du CPTA, au même titre qu’Air Burkina, Air Ivoire, Trans African Airlines (Mali), Air Inter/Aéro Bénin et Air Inter Afrique.  » Le prix du kérosène va inévitablement augmenter et va donc fortement peser sur nos charges. Les primes d’assurances vont également flamber. Pour autant, nous sommes loin de la zone de conflit, c’est pourquoi au niveau de l’Asi nous ne connaissons pas de baisse de trafic et pas d’annulation de réservations. Nos vols se font en Afrique et vers l’Europe. Pour le moment, nous souffrons surtout de la crise ivoirienne.  » Depuis le 19 septembre dernier en effet, l’Asi a dû réduire ses vols sur Abidjan de 40%…

Harmoniser les horaires

Pour éviter que le choc ne soit trop dur pour les compagnies africaines, le CPTA a prévu une rencontre avec l’Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique (Asecna), jeudi prochain à Dakar.  » Il s’agit de négocier une baisse des taxes de balisage, d’atterrissage et de décollage que nous payons à l’Asecna « , explique M. Diop. Afin de faire des économies et d’éviter de trop augmenter le prix du billet qui a déjà connu une hausse de 18% entre décembre 2002 et mars 2003… Les compagnies membres du CPTA ont d’ailleurs convenu de plafonner la hausse de leurs tarifs à un maximum de 3% afin de conserver des conditions attractives pour leurs clients.

 » Nous allons aussi nous concerter entre membres du CPTA. Nous sommes de petites compagnies et il faut unir nos forces pour survivre. Nous allons donc tenter d’harmoniser nos programmes et nos horaires de vols. Tout le monde y met de la bonne volonté. Il y a trop de pagaille dans les créneaux horaires pour le moment et cela nuit au trafic.  » Dans ce cadre, Air Burkina et Inter Air/Aéro Bénin ont signé fin mars un accord de coopération pour un partenariat bilatéral. Pour éviter de se faire couper les ailes, les compagnies africaines semblent prêtes à se serrer les coudes…