Les céréales béninoises se font la malle

Phénomène permanent : les produits vivriers béninois se retrouvent sur les marchés nigériens, créant ainsi une pénurie sur le lieu même de leur production. Les paysans et commerçants s’organisent pour contrôler les flux.

Les départements du Borgou et de l’Alibori veulent créer une brigade de sécurité alimentaire, afin de limiter la ruée des produits vivriers béninois vers les pays limitrophes, rapporte l’Agence béninoise de presse.  » C’est un phénomène permanent « , explique un fonctionnaire de l’Office national d’appui à la sécurité alimentaire (ONASA).  » Le Borgou est le grenier à grains du Nord du pays. Maïs, igname et gari passent au Niger, pays sahélien à la pluviométrie basse et dont la production céréalière est insuffisante « , poursuit-il.

Pour autant, on ne peut pas, selon lui, parler véritablement de la mise en place d’une  » brigade « .  » Les paysans et les commerçants s’organisent pour exercer un contrôle plus grand sur le flux des marchandises, mais rien n’a été décidé officiellement.  »

Pénurie ou abondance ?

Depuis mai 2 000, le gouvernement béninois a libéralisé l’exportation des produits vivriers vers l’extérieur. Avant cette date, l’exportation informelle était pratiquée par les paysans béninois. Le problème, c’est qu’aujourd’hui, les deux systèmes cohabitent. La vente informelle des produits vivriers béninois  » crée une grave pénurie sur les marchés locaux  » a déclaré à l’Agence béninoise de presse la secrétaire générale des départements du Borgou et de l’Alibori, Madame Eulalie Aymard.

Selon elle,  » cette situation peut conduire notre pays à la catastrophe si rien n’est fait « . Notre contact à l’ONBSA n’est pas si pessimiste :  » Le Borgou produit suffisamment de céréales quel que soit le volume des sorties vers l’extérieur. De plus, au niveau national, nous venons de terminer les récoltes et il n’y a pas de pénurie.  » La saison de  » soudure « *, prévue à partir du mois de mai prochain, tempèrera peut-être ce bel optimisme.

* La saison de  » soudure « , c’est à dire le moment où les récoltes déjà engrangées sont consommées, sans que la récolte suivante soit réalisée.