Les Burkinabè de France manifestent contre le terrorisme dans leur pays

Une cinquantaine de Burkinabè ont manifesté, ce vendredi, devant l’ambassade du Burkina Faso à Paris, pour soutenir les victimes du terrorisme qui a frappé leur pays, et protester contre de tels actes.

A Paris,

Le froid glacial, qui pénètre jusque dans les os, en ce vendredi soir, dans les rues de la capitale française, n’a pas dissuadé les Burkinabè de France. Rassemblé devant l’ambassade du Burkina Faso à Paris, plus d’une cinquantaine d’entre eux ont répondu à l’appel du Collectif contre la confiscation de la démocratie au Burkina Faso pour soutenir les victimes des attaques terroristes qui ont frappé leur pays et dire non au terrorisme qui les menace.

Après le discours du président du Collectif, Didier Ouéadraogo, qui a remercié tous ses compatriotes d’être venus au rassemblement, tous se mettent à chanter l’hymne national à voix haute, levant les mains en l’air, assurant haut et fort que la « patrie vaincra ». Pour Didier Ouéadraogo, « c’était très important d’organiser cette manifestation de solidarité à notre peuple qui en a besoin, en ce moment ». Selon lui, « beaucoup de facteurs peuvent expliquer ces attaques terroristes qui ont frappé le Burkina, d’autant qu’on a eu un Président qui a beaucoup travaillé à l’international dans le domaine de la diplomatie. Donc il n’est pas impossible que tout cela ait aujourd’hui des répercussions sur le Burkina Faso ».

Nabaloum Sibir, qui se tient près de Didier Ouéadraogo, également membre du collectif, se dit pour sa part surpris que le terrorisme attaque le Burkina. « On n’a pas d’or ni de richesses naturelles donc je me demande ce qu’ils attendent d’un pays comme le Burkina, même si on sait que depuis la chute de Mouammar Kadhafi, aucun pays n’est à l’abri. Je me demande juste est-ce que le départ de Blaise n’est pas un signal fort pour eux. En tous cas, son départ et ces attaques peuvent être liés. La question mérite d’être posée ».

« Moi ce qui m’étonne le plus c’est que les attentats aient lieu juste au lendemain du mandat d’arrêt lancé contre Guillaume Soro »

« Moi, ce qui m’étonne le plus, c’est que les attentats aient lieu juste au lendemain du mandat d’arrêt lancé contre Guillaume Soro », affirme pour sa part ce jeune étudiant, Charles Tinga. « Ces attentats étaient la dernière chose dont les Burkinabè avaient besoin! », estime pour sa part Magalie, arborant un bonnet gris. « On a vécu deux années extrêmement difficiles. D’abord il y a la chute de Blaise puis le putsch et maintenant l’attaque terroriste. Qu’ils nous laissent en paix, on a assez souffert comme ça. Vraiment, je ne comprend pas ces terroristes qui affirment être contre la culture occidentale alors qu’ils utilisent les technologies les plus sophistiquées qui viennent de l’occident ! », s’insurge la jeune Burkinabè. En face d’elle, se tient sa compatriote Natacha, les mains dans la poche pour se protéger du froid glacial. Elle non plus ne cache pas sa colère. « Sincèrement, ça fait mal de voir des personnes débarquer comme ça et tuer tout le monde. Je suis encore sous le choc. Je ne m’attendais absolument pas à ce que le Burkina soit frappé par ce genre d’attentats », déplore Natacha. « D’autant que c’est un pays où les chrétiens et musulmans ont toujours bien cohabité et vivent en paix. Donc je ne comprend pas la motivation de ces terroristes », poursuit-elle.

Magalie tient à rappeler qu’au « Burkina, il n’est pas rare d’avoir des noms composés, à la fois chrétien et musulman, comme Marc-Karim. Ces noms sont bien la preuve que les deux religions sont en harmonie dans le pays. Et rien ne changera cela, car c’est quelque chose d’ancrée dans notre culture ».