Les autorités gabonaises font la chasse aux films X

Les fonctionnaires de la police judiciaire (PJ) sont sur le pied de guerre, depuis le mois de décembre, contre la vente et l’exposition des films pornographiques à Libreville. Cette opération a déjà conduit à l’arrestation de plus d’une vingtaine de vendeurs de ces films dans la capitale du Gabon.

Notre correspondant au Gabon

L’opération lancée par le gouvernement contre la vente de films X s’inscrit dans un vaste programme gouvernemental destiné à l’assainissement des mœurs dans le pays. Selon l’opinion du gouvernement, la vente publique des films pornos participe pour beaucoup à la dépravation des mœurs, notamment des jeunes adolescents qui, sans discernement, sont les principaux consommateurs des films pornographiques.

Certains jeunes avouent avoir appris à faire l’amour grâce à ces films érotiques même s’ils reconnaissent que ce sont des armes dangereuses aux mains des innocents. «Les films X ont été mon support principal au cours de mes premiers rapports sexuels. Mais quand on n’a pas de discernement, ils peuvent être la voie libre vers toute sorte de dépravation», nous a confié un jeune Librevillois sous couvert de l’anonymat.

Les cybercafés dans le collimateur des autorités

Cette opération de lutte contre la corruption des mœurs va s’étendre selon le gouvernement gabonais dans les cybercafés qui sont devenus depuis quelques années des espaces de liberté que les jeunes utilisent pour satisfaire leur curiosité libidinale , mais aussi pour la pratique de ce qu’il convient de nommer la « cyber-prostitution ».

Certains tenanciers des cybercafés, conscients de l’ampleur du phénomène interdisent aux jeunes l’accès à des sites dont la moralité est douteuse. «L’accès aux sites pornographiques est strictement interdit ici et je veille à ce que cela soit respecté», nous a affirmé Eddy Siemmeni, gérant d’un cybercafé dans un quartier de Libreville. Les autorités gabonaises arriveront-elles à juguler le phénomène des films X sur la toile au nom même de la grande liberté de navigation sur Internet et l’absence d’une règlementation claire en la matière ?