Les Arabes ne signeront pas avec des Européens neutres

Pas d’accords entre l’Europe et les pays arabes si Bruxelles persiste dans sa doctrine de  » neutralité pernicieuse  » au Proche-Orient.

Les pays arabes ont dénoncé la conclusion du sommet de Marseille, lors d’une conférence de presse qui a clôturé, le 16 novembre au soir, la IVème réunion des pays euro-méditerranéens.

Les délégations palestinienne, tunisienne et égyptienne, représentées respectivement par Nabil Shath, Habib Benyahia et Amre Moussa, n’ont pas caché leurs  » réserves  » sur le texte final présenté par le ministre des Affaires étrangères français, Hubert Védrine.

Les Arabes ont appelé l’Europe à rompre  » avec cette pernicieuse doctrine de neutralité « .  » Nous sommes porteurs d’un message fort de nos opinions publiques qui […] demandent que les droits des Palestiniens à la paix, à la sécurité et à constituer un Etat de droit soient respectés « , a déclaré M.Moussa.

Pas de plan MEDA II dans ces conditions

Commentant la principale nouveauté de ce sommet, le plan d’aide économique MEDA II, la délégation arabe s’est montrée intransigeante :  » Accepter le plan MEDA II sur les bases d’une neutralité pernicieuse n’est pas possible  » a estimé M.Shath, suscitant l’approbation de ses collègues.

La délégation arabe a mis l’accent sur la vacuité des accords euro-méditerranéens dans un contexte politique  » où la neutralité cautionne ceux qui bafouent les règles internationales « . C’est dire si le programme de conclusion d’accords d’association avec l’Egypte, la Jordanie, l’Algérie, le Liban et la Syrie, prévu pour 2001 dans le texte final de M.Védrine, paraît aujourd’hui présomptueux.

Les ministres des Affaires étrangères arabes ont néanmoins salué les avancées minimes de leurs homologues européens. Ces derniers se sont  » déclarés attachés à la création, par la négociation, d’un Etat palestinien « .

Ils ont également apprécié que  » certains ministres aient insisté sur la nécessité de  » rétablir au plus vite la liberté de circulation des personnes et des biens dans les territoires palestiniens  » soumis au blocus d’Israël.

Tirant le bilan des cinq dernières années, Hubert Védrine a déclaré :  » On a essuyé les plâtres, on sait quoi faire pour que ça marche mieux.  » Le mieux est l’ennemi du bien, semblent avoir rétorqué ses homologues arabes.