Les altermondialistes adressent une pétition au président Chirac

Les altermondialistes de la Coalition des alternatives africaines dette et développement (CAD-Mali), réunis à
Bamako en marge du 23ème sommet Afrique-France, demandent dans une pétition adressée ce vendredi au président français Jacques Chirac, l’arrêt de la coopération militaire et des ventes d’armes en direction des régimes répressifs d’Afrique.

Ces altermondialistes réclament par ailleurs, la mise en place de mécanismes stricts de contrôle de l’aide et de garantie de son non détournement, l’octroi d’une part plus significative au renforcement de la société civile et l’instauration d’un audit parlementaire permanent sur ces thèmes.

Ils réclament également de la France, un «service minimum» de
relations diplomatiques contre les régimes qui ne procèdent pas à des élections démocratiques et la levée de l’ambiguïté sur la nature officielle ou personnelle des relations entretenues avec les dictateurs africains.

Les altermondialistes exhortent le gouvernement français à mettre fin à l’impunité des crimes politiques et économiques, à entreprendre la réforme de la politique d’asile en faveur des populations exilées de pays non respectueux des droits de l’homme et à reconnaître la nullité de la dette contractée par des régimes dictatoriaux.

Des conséquences pour les populations africaines et françaises

A l’ouverture mercredi du sommet alternatif citoyen, la présidente de la CAD-Mali, Mme Barry Aminata Touré a déclaré que «les sommets France Afrique ont toujours joué un rôle stratégique dans la formulation des politiques des pouvoirs publics africains ».

Ces politiques regrette Mme Barry Aminata Touré, « se traduisent par un soutien à des régimes dictatoriaux, aux politiques néolibérales de la Banque mondiale et du Fonds Monétaires International (FMI) et aux règles de l’OMC et de l’Union européenne qui ont des conséquences négatives sur les populations africaines et françaises ».

Pour Mme Barry, l’Afrique a besoin du soutien politique de la France, en tant que membre du G8, pour que la lutte contre la pauvreté soit une réalité, que l’annulation de la dette ne soit pas que des promesses, que le commerce international soit équitable, que la démocratie ne se traduise pas en soutien à des dictateurs et que la garantie de la sécurité internationale ne soit pas la lutte contre les plus petits.